Oeuvre collective

Des parents et des enfants ont notamment formé... (Alain Dion, archives La Voix de l'Est)

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Des parents et des enfants ont notamment formé une chaîne humaine devant l'école Euréka, à Granby, en septembre dernier.

Alain Dion, archives La Voix de l'Est

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Michel Laliberté
La Voix de l'Est

L'école de ma fille organise chaque année une collecte de sang pour Héma-Québec. Une belle initiative de Mme Annie, enseignante de 5e année. Elle met à contribution les élèves de sa classe. Ils s'occupent d'annoncer l'événement, d'accueillir les donneurs, de leur expliquer le déroulement de l'activité et de leur servir de délicieux biscuits et du jus une fois le don effectué.

Tous les ans, Mme Annie amène aussi ses élèves rendre visite à des personnes âgées dans un centre hospitalier de soins de longue durée à quelques rues de l'école. Ils y sont allés deux fois cet automne. Ils leur lisent des livres, parlent avec elles, écoutent attentivement leurs histoires. Les sourires sont nombreux, le bonheur illuminant tous les visages.

Ce sont deux expériences uniques pour ces jeunes. Ils apprennent l'importance de contribuer à la société par le bénévolat, d'ouvrir leurs horizons, leur esprit, d'aller à la rencontre des gens.

Tous les jours au Québec, des milliers d'enseignants comme Mme Annie ont la délicate mission de préparer nos enfants à affronter les aléas de la vie, à se donner pleinement, à se découvrir intellectuellement, à prendre la bonne route pour devenir de bons citoyens. On ne peut les remercier suffisamment de leur travail remarquable et de tout leur dévouement dans cette grande oeuvre collective.

Difficile de ne pas les appuyer dans leur bras de fer avec le gouvernement. Parce qu'ils ont de bonnes raisons de monter au front. Toutes les compressions annoncées par Québec et mises en branle via les commissions scolaires leur font craindre le pire. Pas pour leurs poches. Pour les effets sur la qualité des services aux élèves. Et ce n'est pas une stratégie syndicale que d'agiter ce drapeau rouge foncé; réduire l'argent consacré à notre système scolaire risque de nuire à la réussite de nos enfants. En cela, toute la société en subit les contrecoups.

Que dirait-on d'une entreprise manufacturière qui réduirait considérablement ses investissements dans la recherche et le développement de ses produits et services? On dirait qu'elle se dirige vers le précipice.

Quand on sabre l'éducation, on mine les fondations de notre société. Les impacts négatifs sont inévitables.

L'école, c'est une usine de transmission de connaissances, un laboratoire pour découvrir des habiletés, un atelier pour développer les talents, une scène pour peaufiner le tout. Les enseignants sont les gérants, scientifiques, artisans et metteurs en scène de nos enfants. Ce sont des rôles qu'ils assument avec passion.

De l'État, on s'attend à ce qu'il mette tout en oeuvre financièrement pour que nos écoles primaires et secondaires aient les outils pour accompagner nos jeunes vers la réussite. On l'a déjà écrit. On le réitère: ça veut dire donner aux écoles toutes les ressources humaines nécessaires (psychoéducatrices, orthopédagogues, travailleuses sociales, etc.) pour qu'aucun jeune ne soit laissé de côté. Ça veut aussi dire de donner aux enseignants un environnement propice pour qu'ils fassent bien leur travail.

L'appareil public québécois vit dans l'austérité. Finances publiques serrées obligent, nous dit-on. Ça se traduit par des compressions tous azimuts dans nos services et programmes. Tout y passe: santé, affaires sociales, aide aux entreprises (sauf Bombardier) et bien sûr éducation, le deuxième poste de dépenses du gouvernement après la santé.

On ne peut exiger des efforts équivalents de tous les ministères. Les répercussions ne sont pas les mêmes. L'éducation est le meilleur exemple. Sabrer les écoles en passant par les commissions scolaires, c'est se condamner à débourser plus d'argent plus tard pour lutter contre le décrochage scolaire, pour aider de jeunes adultes à intégrer le marché du travail, en aide sociale et en santé.

On repose la question: a-t-on le luxe de sabrer notre système d'éducation?

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