Querelle gravitaire

«Est-ce que des glissades d'eau à L'Amazoo sonneront... (Archives La Voix de l'Est)

Agrandir

«Est-ce que des glissades d'eau à L'Amazoo sonneront la mort du parc des glissades d'eau à Bromont, comme l'affirme M. Désourdy? Non. C'est une assertion ridicule.»

Archives La Voix de l'Est

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Michel Laliberté
La Voix de l'Est

Charles Désourdy a raison: le Zoo de Granby mène une concurrence déloyale envers son entreprise. En construisant des glissades d'eau à l'Amazoo, la direction de la Société zoologique de Granby renie son engagement de ne pas concurrencer directement le parc de glissades d'eau de l'homme d'affaires de Bromont.

M. Désourdy a vu juste en 2002 quand Québec et Ottawa ont fait pleuvoir des millions de dollars sur le Zoo de Granby pour qu'il divertisse son offre en construisant L'Amazoo. Ces nouvelles installations récréotouristiques, disait-il alors, allaient nuire à son parc de glissades d'eau.

Son analyse dérangeait à ce point que les dirigeants du Zoo, fortement encouragés sans doute par quelques pointures politiques, ont accepté de parapher une entente dans laquelle ils s'engageaient «à ne pas se diversifier dans les équipements aquatiques gravitaires», rapportait samedi ma collègue Marie-France Létourneau.

Bon, le terme gravitaire ne peut être utilisé dans le contexte en cause. Mais on comprend qu'il veut dire que le Zoo n'ajouterait pas d'équipements similaires à ceux du parc de glissades d'eau de Ski Bromont. C'est pourtant exactement ce qu'il s'apprête à faire en construisant aux coûts de 3 millions de dollars des... glissades d'eau.

Lorsque la direction du Zoo a présenté le projet Amazoo aux gouvernements, on peut parler d'un coup de génie. C'était peut-être la seule façon de relancer l'intérêt des touristes pour le Zoo. Mais un coup de génie qui créait une concurrence déloyale.

Soyons clair: pas de subventions gouvernementales, pas d'Amazoo. Pas d'Amazoo et peut-être plus de Zoo.

L'Amazoo s'avère un investissement public incroyable. Non seulement le parc aquatique permet au Zoo de ne plus compter sur l'aide gouvernementale, mais des centaines de petites entreprises profitent de son essor économique.

On ne peut oublier dans cette équation le parc de glissades d'eau. Quand M. Désourdy veut moderniser ou ajouter des installations à son parc, il prend rendez-vous avec son banquier pour contracter un prêt. Quand le Zoo a appelé à l'aide, ce sont les gouvernements qui ont accouru... avec des subventions. Les deux sites touristiques ne font pas des affaires à armes égales.

Est-ce que des glissades d'eau à L'Amazoo sonneront la mort du parc des glissades d'eau à Bromont, comme l'affirme M. Désourdy? Non. C'est une assertion ridicule. Son parc jouit d'une enviable réputation partout au Québec et continuera d'être une destination prisée des vacanciers. On ne peut nier, cela dit, que L'Amazoo 2.0 aura un effet à la baisse sur ses revenus.

Il existe un moyen de mettre fin à cette querelle avant que des avocats n'y soient mêlés. Un partenariat. Un vrai. Il est impératif que les deux groupes offrent des forfaits communs pour inciter encore plus de familles de partout au Québec à venir s'amuser dans les Cantons-de-l'Est.

Le Zoo et Ski Bromont sont dans une situation unique en matière d'offre touristique. Combien de régions au Québec peuvent compter sur de tels TGV touristiques? La Ville de Québec ne compte que le Village Vacances Valcartier. Montréal n'a rien de comparable. Ni les Laurentides.

Au lieu d'imaginer des raisons pour ne pas faire équipe, les dirigeants des deux groupes doivent plutôt s'entendre pour prospérer ensemble. Les commerçants de la région, celle-là même que tous deux disent vouloir développer économiquement, leur en sauraient gré.

On semble avoir beaucoup de difficulté dans la région à faire équipe pour promouvoir notre offre touristique. C'est notamment le cas avec le financement de la Maison du tourisme, sise à la sortie 68 de l'autoroute 10, au sujet duquel les MRC de la Haute-Yamaska et de Brome-Missisquoi n'arrivent pas à s'entendre.

Avec une telle attitude, on est chanceux de ne pas être en Gaspésie ou encore au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Ces deux régions font face à de vraies difficultés économiques. Elles ne perdraient pas leur temps à tirer la couverture dans tous les sens comme nous le faisons; elles sauteraient sur toutes les occasions pour se développer.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer