L'économie du Québec va-t-elle mieux?

Après des années d'austérité, le gouvernement Couillard se pète les bretelles... (123RF)

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La Voix de l'Est

Après des années d'austérité, le gouvernement Couillard se pète les bretelles avec des surplus de plusieurs milliards ; il y a de quoi impressionner. Mais après avoir coupé des milliards dans l'éducation, est-ce que nos enfants profitent aujourd'hui de meilleures conditions d'apprentissage et d'aide ? Non. Le gouvernement Couillard se pète les bretelles parce que la situation de l'emploi est à son meilleur depuis des décennies ; il y a de quoi impressionner. Mais après avoir coupé des milliards dans les services sociaux et communautaires, est-ce que nos enfants, nos parents et nos amis reçoivent aujourd'hui de meilleurs­ services ? Non.

Tous les partis politiques parlent d'économie et ils ont raison ; tout participe à l'économie : l'accès facile aux études supérieures, le support financier aux activités culturelles, la qualité des soins de santé, les nouveaux arrivants, l'accès massif des femmes à toutes les professions. Or, les mesures d'austérités ont grandement nui à l'économie parce qu'elles ont affaibli chacun de ses piliers.

Les élections s'en viennent. Quoi de plus alléchant pour les 60 % des citoyens qui en paient que d'entendre parler de baisses d'impôts ? Mais cette richesse que le gouvernement engrange sera-t-elle partagée uniquement avec les privilégiés ou bien sera-t-elle partagée avec l'ensemble des citoyens québécois ? Pourquoi ce clivage socio-économique tant favorisé par le néolibéralisme continue-t-il ses ravages et comment se fait-il que nous continuions à voter pour des partis politiques qui encouragent des écarts financiers de plus en plus grands entre les familles québécoises ? Pourquoi votons-nous pour des baisses d'impôts qui dans les faits n'auront aucun impact positif sur l'amélioration de nos systèmes d'éducation et de santé ?

La richesse est là, mais elle est concentrée dans les mains d'un petit pourcentage de nantis et dans les coffres des entreprises. En votant pour les baisses d'impôts, nous disons « non » au partage équitable de cette richesse ; nous disons « non » à toute forme de solidarité nationale ; nous disons « non » à l'amélioration de nos systèmes de santé et d'éducation. Nous bâtissons une société à deux vitesses, deux solitudes, deux classes sociales aux destins volontairement maintenus par nos choix électoraux.

L'économie va-t-elle mieux ? Pour répondre à la question, il faut se demander si cette économie florissante parce que construite sadiquement sur le dos des plus démunis n'a pour effet que de favoriser une plus grande consommation au détriment de l'environnement, de la santé, de la culture et de l'éducation.

S'il n'y pas de réduction du nombre de familles qui se rendent dans les friperies ou qui complètent leur épicerie dans les dépannages alimentaires ou qui attendent une place dans les logements sociaux ou qui reçoivent une aide financière pour l'entrée à l'école de leurs enfants, peut-on affirmer que l'économie va mieux ? Non. S'il n'y pas de diminution du nombre de jeunes qui décrochent dans leur parcours scolaire ou qui ne reçoivent pas d'aide à leurs problèmes de toxicomanie ou de santé mentale ou de dépression conduisant au suicide, peut-on affirmer que l'économie va mieux ? Non. Cette économie ne va pas mieux. C'est un mirage qui cache une dure réalité, une réalité que nous ne voulons surtout pas voir et que nous maintenons sciemment en votant pour des partis politiques qui promettent des baisses d'impôts.

André Beauregard

Shefford




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