Vivre avec la nouvelle réalité de ce siècle

Le confort est certainement le meilleur poison pour givrer les cerveaux. Comme... (123RF)

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La Voix de l'Est

Le confort est certainement le meilleur poison pour givrer les cerveaux. Comme dans la fable « Le loup et le chien » de Jean de Lafontaine : le chien préfère les caresses et le poulet à la liberté.

Dans son texte paru mardi, le 25 juillet, M. Gilbert Lavoie invite les Québécois à laisser tomber les espoirs et les illusions du passé. Il faudrait peut-être dire ça aux Catalans, aux Écossais et aux Premières nations. Il faudrait peut-être expliquer ce qu'étaient les espoirs de la nation bâtie par Samuel de Champlain et encore survivante après plus de 400 ans d'histoire et expliquer aussi ce qu'on entend par « illusions ». La souveraineté et la maîtrise de toutes leurs juridictions sont-elles reconnues tout simplement comme des illusions par les peuples souverains ? Quel peuple digne de ce nom va laisser tomber la perte de ces éléments sans réagir ?

Le rappel des mots du général de Gaulle ont certainement ravivé la fierté de ce que René Lévesque appelait : « un petit peuple ». Il est vrai aussi que le mot « liberté » peut être interprété de multiples façons. On peut exprimer sa liberté en se soumettant humblement et sans condition au gouvernement canadien : on l'a fait par deux fois. Il semble que l'on préfère vivre dans la liberté, celle de se limiter à être un gros gouvernement municipal et à perdre un temps fou à négocier perpétuellement pour obtenir des miettes et parfois rien du tout. Nous préférons la liberté de demeurer dans une petite république de bananes, une petite tribu folklorique, une petite colonie de gens entreprenants sur le plan culturel et économique, mais ligotés sur le plan politique. En fait, on ne comprend rien à la politique et ça ne nous intéresse pas.

Nous allons nous contenter de demeurer dans une belle cage dorée et à manger ce que le Canada voudra bien nous donner et à admirer les si précieuses Montagnes Rocheuses et à voir nos politiciens fédéralistes : « Flatter ceux du logis, à son Maître complaire ». Nos politiciens fédéralistes galvaudent de façon tonitruante les mots « nation et peuple ». Dans leur bouche, ces mots sonnent comme des grelots fêlés, comme les mots dans la bouche de courtisans de bas étage. Et pendant ce temps, l'influence du Québec au sein du pacte du Dominion of Canada diminue sans cesse pour ne devenir bientôt qu'un grain de sable dans l'engrenage canadien. Un jour, le fait français au Québec ne se limitera-t-il pas à la fête du 24 juin ?

Sans souveraineté, ce pays du Québec, cette nation québécoise, ce peuple québécois tout cela ne sera plus que des mots vides de sens : voilà la nouvelle réalité de ce siècle dont parle M. Gilbert Lavoie. Notre confort limite nos ambitions et notre liberté. Adieu la pérennité de la nation québécoise et vive l'assimilation canadienne : voilà les objectifs de Philippe Couillard et de François Legault.

André Beauregard

Shefford




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