Vive le ROI (1re partie)

Denny O'Breham, l'auteur de cette lettre... (Janick Marois, archives La Voix de l'Est)

Agrandir

Denny O'Breham, l'auteur de cette lettre

Janick Marois, archives La Voix de l'Est

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
La Voix de l'Est

Le ROI est un acronyme anglais qui signifie « retour sur investissement ». C'est un chiffre qui évalue ce qu'on a obtenu (ou espère obtenir) sur un investissement quelconque. Dans les compagnies à actions - là où un conseil d'administration gère l'argent d'actionnaires - un tel chiffre est calculé pour chaque projet proposé. Sinon, aucun actionnaire ne laisserait son argent au conseil d'administration sans savoir ce qu'il peut espérer en retour.

Le ROI est un concept qu'on utilise même avec les enfants. Lorsque vous avez acheté cette trampoline parce que vos enfants ne cessaient de vous harceler, mais qu'ils ne l'ont utilisée que deux ou trois fois, vous avez noté ce ROI, même si ce n'est pas un montant d'argent. Et lorsque vos enfants vous ont harcelés pour obtenir une piscine l'été suivant, vous avez ressorti le ROI de la trampoline en disant : « Nous vous avons acheté une trampoline l'année dernière et vous ne l'avez pas utilisé, on ne refera pas la même erreur en vous achetant une piscine. » La leçon pour les enfants est que non seulement vous devez promettre un retour sur l'investissement, mais vous devez aussi démontrer que vous êtes capable de tenir cette promesse.

Peu après les dernières élections municipales, j'étais dans le bureau du maire avec une autre personne où nous jasions de divers sujets. J'avais entre autres soulevé ce point où le conseil devrait exiger des objectifs à atteindre, dans des délais raisonnables, afin de justifier les montants d'argent donnés à certains organismes comme, par exemple, Commerce et Tourisme Granby et Région (CTGR). Un tel organisme a été créé pour combler certains besoins, mais nous n'avons jamais formellement identifié des objectifs clairs à atteindre tels que diminuer le taux d'inoccupation de moitié d'ici trois ans ou augmenter les ventes des commerçants de 2 % d'ici cinq ans par exemple. Ça, c'est une forme de ROI.

Sans fixer de tels objectifs quantifiables, comment sait-on si l'argent investi a rapporté quelque chose ? Comment évalue-t-on le travail de l'organisme et de ses dirigeants ?

À ma grande surprise, à la fin de la discussion, le maire Bonin m'avait demandé de lui répéter ce concept que je venais d'exprimer et il a sorti un crayon pour en prendre note. Je me disais qu'il y avait espoir après tout que ce maire fasse une bonne gestion des deniers publics et qu'il prenne son rôle de représentant des payeurs de taxes au sérieux. Malheureusement, j'imagine qu'il a perdu la note qu'il avait prise ce jour-là, car jamais je n'entends parler de ce que les organismes et projets que nous finançons doivent retourner à la communauté de façon concrète.

Ce qui m'a amené à parler de ça, c'est la formule revue et corrigée de la Fête des mascottes. CTGR pilote ce dossier. J'ai toujours considéré cet organisme inutile, car il n'a aucun impact sur le commerce ou le tourisme à Granby, malgré que tous les commerces et industries de Granby aient subi une augmentation de leur taux de taxes de 4 ¢/100 $ d'évaluation depuis 2007 pour le financer. Lorsqu'il a été créé, remodeler la Fête des mascottes pour que les commerçants puissent en profiter financièrement était une de leur mission. Beaucoup d'argent investi, un achalandage augmenté, mais aucun dollar supplémentaire dans la poche des commerçants. Voilà pourquoi on corrige le tir à nouveau aujourd'hui. Pourtant rien d'excitant dans la nouvelle formule, rien qui indique qu'un changement pourrait survenir et surtout, aucun objectif précis. Alors on ne fait que jeter de l'argent sur le problème en espérant qu'il se règlera comme par magie. Et est-ce que les revenus de certains commerçants sont vraiment un problème pour la ville entière ? Bref, quel est le ROI de Commerce et Tourisme Granby­ et Région pour les citoyens ? Apparemment, le conseil de la ville s'en fout éperdument.

Denny O'Breham

Granby




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer