Besoins en habitation pour personnes à mobilité réduite

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La Voix de l'Est

La première semaine de juin ramène la Semaine québécoise des personnes handicapées. Ce moment nous invite à réfléchir aux biens et services offerts à ces personnes. Mais, qu'en est-il de l'offre locale en habitation pour les personnes handicapées ou en perte d'autonomie physique ?

À Granby, notre offre locale en unités d'habitation est-elle suffisante, quand on considère la maison individuelle, le logis en bloc d'appartements ou en plus gros immeuble ? Ces unités d'habitation sont-elles accessibles pour y entrer et dans le logement même ? La réalité est que l'offre en unités d'habitation adaptées disponibles ne rencontre pas la demande des personnes à mobilité réduite dans le besoin. La Voix de l'Est du 24 avril dernier nous relatait le cas de monsieur David Deslandes, tétraplégique depuis l'accident sous la tente au parc Miner. Sa famille a quasi désespéré de trouver un lieu où il pourra habiter à la sortie de son hébergement pour réadaptation. Cela confirme bien le manque réel d'unités d'habitation adaptées disponibles à Granby.

Chez les 15-64 ans, il y a environ 27 % de personnes qui ont une incapacité, et chez les personnes de 65 ans et plus, ce taux est de 53 % (EQLAV, 2010-11). Et avec le vieillissement de la population, ce taux croît. Les organismes qui accompagnent les personnes handicapées ou âgées dans leur recherche de logement adapté et ceux qui les soutiennent, ainsi que leurs proches aidants, dans un domicile non adapté peuvent témoigner de leurs difficultés à se trouver un logis adapté.

Il y a cependant des solutions pour adapter les domiciles. La Société d'Habitation du Québec (SHQ) offre le programme d'adaptation du domicile (PAD). Ce programme ne s'applique qu'après que le handicap soit survenu, et il est long à obtenir. De plus, il ne couvre qu'une partie des coûts. L'autre solution, la meilleure, est celle de prévenir et d'implanter la visitabilité (en anglais visitable housing), une forme minimale d'accessibilité universelle, dès la première construction de l'habitation. Cela évite de devoir démolir pour « reconstruire adapté », et de générer des rebuts de démolition. Cela évite aussi les délais d'attente entre le moment où survient le handicap et le moment où l'adaptation adéquate est réalisée. Et encore, cela évite l'impasse d'un handicap qui survient par crise de paralysie et rémission, ou une perte d'autonomie qui progresse en continu.

La solution idéale, celle d'implanter la visitabilité, coûte beaucoup moins cher que d'adapter le domicile après coup. Il s'agit de construire dès la première construction des unités d'habitation accessibles, en les construisant avec une entrée sans marche, des portes plus larges, et une salle de bain plus ample. La visitabilité s'implante par quartier, et cette implantation peut même conduire à une certification LEED. Un taux de 20 % d'unités d'habitation a été proposé par Émilie Martineau en 2012 dans la revue de l'Ordre des architectes, Esquisses. Moi-même, dans un mémoire mis sur le site de la SHQ en octobre 2011, je prônais ce seuil de 20 % par quartier avec énumération des avantages socio-économiques et environnementaux de la visitabilité.

La ville de Winnipeg (SCHL, 2016) s'est dotée d'un code pour implanter la visitabilité. Elle s'affaire actuellement à construire des unités d'habitation visitables dans trois de ses quartiers et dans son centre-ville. À Granby de l'imiter. Place, donc, au progrès dans nos règlements municipaux en habitation !

Luce S. Bérard

Granby




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