Et si La Voix de l'Est disparaissait? (2e partie)

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La Voix de l'Est

Suite aux pressions financières, les journaux régionaux privilégient essentiellement le domaine de l'information par des reportages ciblant presque exclusivement les enjeux locaux et rapportant occasionnellement des faits touchant l'actualité nationale ou internationale. Bien sûr, pour une question de survie, ils fidélisent leur clientèle en lui offrant des informations qui touchent d'abord leur patelin. Il faut reconnaître que les réseaux sociaux par leur instantanéité et leur immense diversité d'informations jouent grandement dans les plates-bandes des petits quotidiens ou hebdomadaires.

Le jour où la situation financière le permettra, il sera possible pour les journaux régionaux d'assumer une autre mission tout aussi importante : l'éducation de la clientèle desservie en devenant des « accoucheurs » de la pensée critique en accordant plus d'importance aux réflexions éditoriales. Cette mission n'appartient pas seulement aux grands journaux comme Le Devoir et La Presse, mais aussi à l'ensemble des entreprises de presse petites ou grandes installées dans les petites ou grandes agglomérations. L'éloignement des centres de bouillonnements culturels et des regroupements débattant des grands enjeux sociaux et politiques rend plus difficile le développement de la pensée critique. Celle-ci ne pourra vraiment grandir à moins que les journaux régionaux acceptent d'investir de plus en plus dans cette mission éducative. Ce n'est pas une mission facultative, c'est une mission démocratique, c'est la concrétisation de la liberté d'expression. Il est vrai que la section des débats et des réflexions sur les grands enjeux sociaux ne sont pas la tasse de thé du grand public, mais ce n'est certainement pas une raison pour réduire leur espace. Dans les faits, la liberté d'expression est très dépendante de l'accessibilité aux médias. La question à se poser : ceux-ci n'auraient-ils pas l'obligation professionnelle d'être les catalyseurs proactifs de cette liberté d'expression en ouvrant davantage leurs pages non seulement aux journalistes chevronnés, mais aussi aux opinions des lecteurs ?

La question de ce forum « L'information régionale, qu'ossa donne ? » rejoint le titre de cette lettre « Et si La Voix de l'Est disparaissait ? » Notre journal n'est pas à l'abri de ce danger même si celui-ci n'est pas imminent. Malgré tout, imaginez la disparition de tous ces reportages de grande qualité qui touchent l'ensemble de nos communautés municipales proportionnellement à leur population ; imaginez la disparition de ce journal qui, quotidiennement, nous informe de façon complète et explicite de ce qui se passe chez nous. Peut-on évaluer les immenses pertes que subiraient nos enjeux sociaux, environnementaux, culturels, scolaires, hospitaliers, municipaux, industriels, commerciaux et touristiques de notre région ? Jamais les réseaux sociaux ne pourront donner une qualité d'information comparable à celle préparée par nos journalistes et publiée par notre journal. J'emploie le mot « notre » parce que si nous croyons à une information crédible et à la liberté de presse, c'est à nous individuellement et collectivement que revient le devoir de supporter financièrement non pas la survie, mais la pérennité croissante de La Voix de l'Est et des autres journaux régionaux.

André Beauregard

Shefford




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