Ils savent ce qui est bien pour nous

Il n'y a qu'à suivre l'actualité du monde de l'éducation pour constater que... (archives La Voix de l'Est)

Agrandir

archives La Voix de l'Est

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
La Voix de l'Est

Il n'y a qu'à suivre l'actualité du monde de l'éducation pour constater que c'est un gros bateau qui est mal en point, à différents niveaux. Mieux que les enseignants qui oeuvrent jour après jour auprès des élèves, il semble que les gestionnaires, notamment ceux de la Commission scolaire du Val-des-Cerfs (CSVDC), sont mieux placés pour déterminer les mesures d'aide à mettre en place dans les classes.

De l'extérieur, on pourrait difficilement y croire, tellement c'est gros : l'enseignant n'a souvent plus son mot à dire dans la gestion de sa classe. Des pressions exercées sur les enseignants afin que les élèves obtiennent la note de passage, ça vous dit quelque chose ? Pour les gestionnaires, ceci présente plusieurs avantages. Premièrement, ça paraît bien dans les statistiques, les élèves « réussissent ». Ensuite, ça coûte moins cher puisque les élèves qui réussissent n'ont pas besoin d'autant de services. Évidemment, on ne tiendra pas compte du fait que l'élève ne réussit « que sur papier », mais qu'en réalité, il aurait besoin d'aide pour réussir réellement. On sous-estime les effets de cette manière de faire sur l'avenir. On ment, ni plus ni moins, aux élèves et aux parents, en leur faisant croire que « tout va bien ». On veut l'équilibre budgétaire, mais on n'a pas la volonté d'assumer cette décision. Vous trouvez que j'y vais fort ? Voici une tranche de vie professionnelle et personnelle.

Il y a quelques années, un nouvel élève est ajouté, en novembre, à ma classe de mathématique de troisième secondaire. Dès les premiers jours, j'ai constaté que l'élève était en très grande difficulté. J'ai fait plusieurs demandes et interventions auprès des directions d'école, mais rien de ce qui a été mis en place pour l'élève n'a été efficace. Au mois d'avril suivant, au hasard d'une conversation avec la mère de l'élève, qui venait d'obtenir une copie du bulletin de son fils, cette dernière me partageait son désarroi quant au résultat en mathématique. Quelle ne fut pas ma surprise qu'elle m'apprend que son fils était en secondaire 2 (à l'étape 1 à son ancienne école) avant d'être intégré à mon groupe de secondaire 3 en novembre ! Apparemment, l'horaire ne permettait pas à l'école d'intégrer l'élève à un groupe de secondaire 2. On n'a pas cru bon, non plus, de m'aviser de la situation.

L'attitude de la CSVDC dans tout ça ? On m'a reproché de ne pas être à mon affaire et de ne pas m'être mieux informée. Un grief a été déposé, en mon nom, et l'arbitre m'a donné raison. La CSVDC a préféré dépenser des milliers de dollars afin d'aller défendre la théorie de sa cause devant un arbitre du travail. Saine gestion ? Considération pour les enseignants ? Bien-être et réussite de l'élève qui priment ? Comprenez que je ne le crois pas un instant ! Rien ni personne ne pourra rattraper et corriger les préjudices subis par cet élève, malheureusement.

Sophie Veilleux

Représentante syndicale du Syndicat de l'enseignement de la Haute-Yamaska (SEHY)




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer