L'urgence de protéger notre eau

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J'aimerais, très sincèrement, remercier nos élus qui ont un oeil attentif et travaillent à la protection de notre eau potable.

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La Voix de l'Est

J'aimerais, très sincèrement, remercier nos élus qui ont un oeil attentif et travaillent à la protection de notre eau potable. À la séance municipale de Granby du lundi 3 avril dernier, la Ville de Granby a adopté une résolution éloquente de notre position vis-à-vis la protection de notre eau, appuyant la position des municipalités qui adoptent le règlement d'un rayon de protection plus important de leurs sources d'eau potable. Aussi, la Ville demande que la loi 106 soit modifiée. Je suis fière de notre municipalité et de son orientation très claire dans ce dossier. Là, je vous demande un pas de plus...

Le 10 décembre 2016, la loi provinciale 106 a été adoptée sous bâillon. Le chapitre IV de cette loi traite des hydrocarbures. Cela a, en effet, vendu le sous-sol de notre province à l'industrie gazière et pétrolière. Cela a ouvert toute grande la porte à l'exploration, la production, le stockage, l'exploitation, et le transport des gaz de schiste (on parle ici de fracturation hydraulique). 

Le 13 décembre, tout juste 3 jours plus tard, l'Environmental Protection Agency a présenté le fruit de sa longue revue des recherches scientifiques (une demande de l'ancien président Obama) : c'est irréfutable, la fracturation hydraulique pollue l'eau potable.

À l'heure actuelle, les MRC de Lotbinière et Bécancour sont visées par la compagnie Questerre, une compagnie albertaine qui souhaite débuter un projet pilote de fracturation hydraulique et d'exploration des gaz de schiste dès cet été dans la forêt seigneuriale Joly. Le 8 mars, Journée internationale des droits de la femme, il y avait plus de 180 citoyens/citoyennes inquiets à la rencontre de la MRC de Lotbinière à s'informer et à exprimer leur désaccord... J'étais avec eux, cette soirée-là. Cela me tient à coeur. Vous savez, je suis une mère et une grand-mère et je désire protéger l'eau potable pour ma famille et la vôtre.

Maintenant, voici le pas de plus que je souhaiterais vous voir franchir, au nom des citoyens et citoyennes de notre municipalité, et des autres municipalités de notre MRC. Je vous demande, M. Bonin, ainsi qu'à tous les maires de notre MRC de la Haute-Yamaska d'adopter le règlement de rayon de protection de notre eau potable en solidarité avec les municipalités qui font front commun à cet égard. Selon Mme Lisette Maillé, mairesse d'Austin, il y avait 160 municipalités à la fin mars et le nombre continue à grimper.

Le règlement de rayon de protection (d'eau potable) est une initiative du Comité du pilotage de la démarche commune des municipalités en faveur d'une dérogation au RPEP (10 maires incluant Lisette Maillé). En bref, c'est une dérogation de la loi existante (RPEP : Règlement sur le prélèvement des eaux et leur protection) qui augmente les distances entre toute activité pétrolière et les sources d'eau potable de la population. Ce document a été conçu par des scientifiques et juristes à la demande du Comité du pilotage.

Ils ont créé ce document parce que le ministre du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, David Heurtel, a indiqué que les municipalités désirant imposer des normes plus strictes pour protéger leur eau potable devaient plutôt adopter un règlement. La dérogation au RPEP est devenue la seule protection légale actuellement disponible pour nos sources d'eau potable. M. Richard Langelier, juriste, sociologue et conférencier bien connu au Québec, fait la compilation des municipalités qui adoptent le règlement de rayon de protection. Il faut l'aviser de notre intention de l'adopter. En mai, le comité de pilotage acheminera collectivement les règlements adoptés au MDDELCC, qui devra disposer de la demande de dérogation par décret. 

Personnellement, j'apprécie énormément votre écoute des citoyens et citoyennes, M. Bonin. J'apprécie aussi le travail de tous nos élus et de la direction de notre ville ainsi que de notre MRC.

Je vous demande d'adopter, M. Bonin, en tant que maire de Granby et préfet de la MRC de la Haute-Yamaska, le règlement de rayon de protection en solidarité avec le front commun des municipalités du Québec qui le font. Je vous demande, de toute urgence, de saisir cette opportunité juridique passagère qui s'offre à nous, pour rehausser la protection de notre eau potable. Je vous demande, en effet, de prendre un pas de plus pour manifester notre désaccord avec cette loi 106 qui traite les hydrocarbures, qui ouvre la porte toute grande à l'industrie de gaz et pétrolière et qui menace notre eau potable pour nous, pour nos enfants, pour nos petits-enfants et les leurs... en solidarité avec les municipalités et territoires du Québec.

Aux citoyens et citoyennes de Granby et des municipalités de la MRC de la Haute-Yamaska, je vous demande d'exprimer à nos élus votre désir de conserver la qualité de votre eau potable pour vous, pour vos enfants, et pour les petits qui s'en viennent. La prochaine séance de notre MRC est à 19 h, ce mercredi, 12 avril (142, rue Dufferin, face au parc Victoria). Tous les citoyens et citoyennes sont cordialement invités à y assister...

Donna Kane

Granby




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