La compassion mieux comprise

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La Voix de l'Est

Merci à M. Jacques Dubois pour sa lettre parue le 2 mars en réponse à la triste lettre de M. Sylvain Lamontagne parue le 27 février. Les précisions que vous apportez, M. Dubois, sont le fondement de cette loi concernant «l'aide médicale à mourir».

La société québécoise a fait un très grand bond en avant dans sa compréhension de ce sentiment si noble que nous appelons «la compassion». Elle n'en est pas restée au stade des mots de réconfort et des belles prières qui, dans certaines situations, n'apportent aucune aide à la personne souffrante. Des siècles d'expérience ont démontré la presque inutilité de ces attitudes de pieux accompagnements qui ont surtout permis de cimenter dans nos esprits modelés par de pseudo-principes religieux l'idée que les hommes et les femmes devaient subir stoïquement l'inévitable destin d'une souffrance insupportable.

À peu près partout dans le monde, les communautés confessionnelles maintiennent obstinément des définitions désincarnées concernant la vie, la dignité et la compassion. On défend bec et ongles la vie, mais on parle très peu des vivants. On est même prêt à tuer des vivants pour défendre la vie. M. Lamontagne écrit: «Il faut retourner à nos vraies valeurs pour retrouver l'amour de la vie». Mais, pourquoi ne pas parler aussi de l'amour des vivants? Les vétérinaires demandent souvent aux propriétaires d'un animal de compagnie: «aimez-vous votre chien ou votre chat ? Si oui, mettez fin à ses souffrances!»

Et de quelle vie parle-t-on ? Il est vrai, comme l'affirme M. Lamontagne, que personne n'échappe à des moments de douleur et de souffrance et cela depuis toujours; puis, il se demande pourquoi notre société aujourd'hui n'a plus la capacité de faire face à ces épreuves. La réponse à cette question est simple : la seule façon de faire face, comme les décrit si bien M. Dubois, «à des conditions de vie devenues insoutenables et invivables pour des gens n'ayant plus d'espoir et de solutions» ne consiste plus, comme l'ont exigé les autorités religieuses favorables à quatre siècles d'inquisition, à regarder pieusement la personne souffrir le martyre. Comme disait la chanson «T'appelles ça vivre?»

Il est clair que le mot «compassion» dans la bouche de certains croyants est totalement vidé de son âme, c'est-à-dire, vidé de l'amour de son prochain. Ni le Dieu créé en 2017 à l'image de l'homme moderne habité par une conscience empathique et respectueuse de la liberté humaine, ni les gouvernements démocratiques à l'écoute des réflexions philosophiques et des découvertes scientifiques ne pousseront le sadisme jusqu'à refuser l'aide médicale à mourir aux hommes et aux femmes qui souffrent et qui en font la demande. Voilà où se situe la compassion humaine aujourd'hui. Est-ce que la compassion chrétienne restera encore longtemps désincarnée?

André Beauregard, Shefford




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