Revivifier notre histoire nationale

Notre histoire politique nationale pour les jeunes de 20 ans, ce n'est plus... (123RF)

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La Voix de l'Est

Notre histoire politique nationale pour les jeunes de 20 ans, ce n'est plus grand-chose et surtout, rien d'exaltant. Leur niveau d'adhésion à la souveraineté à 18 %, selon les derniers sondages, en témoigne éloquemment. De fait, les grandes dates contemporaines de notre histoire nationale, certes pas toujours heureuses, mais exaltantes et signifiantes furent 1976 (René Lévesque), 1980 (1er référendum), 1982 (rapatriement de la Constitution canadienne), 1990 (échec de Meech), 1995 (2e référendum). Mais, elles commencent à perdre toute résonance politique qui interpelle, même pour les plus âgés.

En effet, le laps de temps entre chacune de ces dates s'échelonne ainsi : quatre ans, deux ans, huit ans, cinq ans, et depuis la dernière date, soit 1995, 22 ans. Et si quelque chose, à vue d'oeil, peut encore advenir dans notre histoire nationale de politiquement significatif ce sera, peut-être, un référendum proposé par le PQ de Jean-François Lisée autour de 2024, donc pas avant sept ans. En ajoutant ces 7 ans à ces déjà longues 22 années, le Québec­ aura cumulé, à ce moment-là, 29 ans de non-histoire politique nationale, et même davantage, si, d'aventure, la suggestion de Bernard Landry de reporter le référendum à un troisième mandat péquiste s'avérait. La question qui tue devient donc celle-ci : comment 30 ans minimum de non-histoire nationale vivante pourraient nous amener à un moment historique d'envergure telle la réalisation de la souveraineté du Québec ?

Les chances sont grandes, au contraire, et c'est déjà en cours manifestement avec le Parti libéral, depuis Jean Charest et davantage avec Philippe­ Couillard, qu'à ce moment-là nous soyons devenus, nous Québécois, dénationalisés et à nouveau de bons Canadiens-Français­, optimisant les chances du NON à ce 3e référendum. Cela, si rien n'est fait dès maintenant pour inverser le cours de plus en plus insignifiant de notre histoire nationale.

Aussi, je suggère à nos partis d'opposition, en particulier, au PQ et à la CAQ d'oser, ensemble si possible, en tant que partis nationalistes, de revivifier notre histoire, maintenant, en tentant de faire une proposition au Canada, profitant de l'année 2017 et de son 150e anniversaire. En effet, pourquoi ne pas présenter à l'Assemblée nationale une motion visant à demander l'ouverture de la Constitution canadienne pour y reconnaître la nation québécoise en y incluant cette déclaration d'identité explicite que je suggère ou une autre analogue... renonçant ainsi au concept éculé de « Québec société distincte », une boîte de Pandore que le Canada refuserait encore sans doute, et pour les mêmes raisons, et peut-être pas à tort .

Déclaration du peuple québécois :

 « Depuis plus de 400 ans, à force d'espérance et de persévérance, le Québec, en plus de fonder le Canada­, s'est imposé au monde, non seulement comme une terre de paix et d'accueil, mais aussi de créativité et de productivité.

 Dans nos coeurs et nos vies, depuis très longtemps, c'est la terre de chez nous et la langue française qui nous lient tous et toutes, et nous lieront toujours... nous, gens du pays, dans ce vaste Canada de toutes les audaces et de toutes les ouvertures. 

 Et par-dessus tout, c'est la liberté qui nourrit nos actions, la fidélité, nos souvenirs, et le partage, notre avenir que nous voulons, par la présente, retisser avec le peuple canadien. 

Ce triple trésor de valeurs communes auquel s'ajoute la richesse de nos valeurs fondamentales, en particulier, l'égalité de l'homme et de la femme, la laïcité à notre manière... et la neutralité de l'État, nous obligent, comme peuple d'une rare humanité, tellement plein d'humour et, qui aime bien manger... à défendre et à accroître, autant que nécessaire, les pouvoirs qui protègent et favorisent notre singularité d'abord au Canada, mais aussi en Amérique du Nord et dans le monde entier. 

Prenant à témoin la Constitution canadienne, par la présente déclaration, premiers (Amérindiens), anciens (francophones et anglophones) et plus récents habitants du Québec, nous nous unissons à nouveau afin de développer et faire fructifier­ cet héritage. 

Ainsi, peuple du Québec, par la présente déclaration d'identité, nous nous voulons fédérateurs, mais aussi reconnaissants envers le Canada de consentir pour nous, avec les outils financiers appropriés, des pouvoirs souverains additionnels et exclusifs en matière de langue, de culture et d'immigration. »

Si cette motion était adoptée à l'unanimité, comme il serait souhaitable, ce serait un sursaut historique national pour le Québec à saluer bien haut. Et ce, en attendant de bonne foi une réponse du Canada en 2017, tout en fêtant. Mais si cette motion était battue, cela confirmerait la dénationalisation du Québec en cours, et en accélération, sous le règne de Philippe Couillard­ dont il faudrait sérieusement s'alarmer et combattre en cette année 2017, ce qui en ferait, de toute façon, une année nationalement significative, historiquement résonnante, et ce, pour toutes les générations, en particulier pour nos milléniaux. 

Denis Forcier

Shefford




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