L'impact de l'embardée politique de Charles Taylor

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Le philosophe Charles Taylor

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La Voix de l'Est

La sortie de Charles Taylor­ le jour de la Saint-Valentin­ annonçant qu'il reniait la recommandation du rapport Bouchard-Taylor d'interdire le port de signes religieux aux juges, policiers et gardiens de prison fut un bouquet de fleurs pour Philippe Couillard et un seau d'eau froide sur la tête de son collègue Gérard Bouchard, en plus de servir un croc-en-jambe aux partis d'opposition CAQ et PQ qui venaient de proposer au premier ministre d'inclure cette recommandation dans son projet de loi 62 en retour de quoi ils étaient prêts à l'appuyer. Un compromis salué, d'ailleurs, par plusieurs chroniqueurs y voyant une façon de passer à autre chose, le temps nécessaire de s'accorder collectivement une période de deuil à la suite de la tuerie de Québec.

Le même jour, Philippe Couillard­, dans un point de presse presque simultané, tout fier de cette sortie, le regard acerbe et triomphant, annonce qu'aucun compromis ne sera fait sur les principes libéraux inhérents au projet de loi 62 et qu'en conséquence, il n'y aura pas de « discrimination sur le linge », propos appuyés de signes de tête affirmatifs de la part de la ministre de la Justice Stéphanie Vallée et de la ministre de l'Immigration, Kathleen Weil. Le lendemain, il annonce que son projet n'est pas prioritaire dans les circonstances et que son adoption se fera plus tard, peut-être à l'été.

Il faut conclure de cette situation que le Parti libéral est définitivement fermé à la laïcité pour le Québec et qu'il lui oppose et imposera une neutralité de type anglo-saxonne et typiquement canadienne inspirée du multiculturalisme­ trudeauiste, père et fils.

Dans les circonstances, les partis d'oppositions ne devraient-ils pas immédiatement réagir à un tel affront pour le Québec ? Ne devraient-ils pas demander que le projet de loi 62 soit immédiatement retiré et, en lieu et place, prendre publiquement position pour le projet de loi 491 de Fatima Houda Pépin qu'ils avaient, incidemment, appuyé en 2014 parce qu'essentiellement, il interdit les signes religieux pour les juges, policiers et gardiens de prison, mais aussi le tchador, la burqa et le niqab, toutes choses qui font l'objet d'un large consensus­ au Québec ?

Cependant, ce projet de loi 491 contient une grave lacune : tout comme le projet de loi 62, il ne fait pas mention du mot laïcité, suggérant aussi à la manière anglo-saxonne que celle-ci se réduit à la neutralité. Je propose donc que les partis d'opposition suggèrent à madame Houda-­Pepin qu'elle fasse précéder son projet, en préambule, d'une déclaration de laïcité explicite. J'ai lui ai d'ailleurs déjà suggéré, ainsi qu'aux députés responsables du dossier de la laïcité, une formulation­ à cet effet.

Denis Forcier

Shefford




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