Lettre à Jean-François Lisée

Jean-François Lisée.... (archives La Presse canadienne)

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Jean-François Lisée.

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La Voix de l'Est

M. Lisée, le discours que vous avez tenu, le dimanche 15 janvier au Conseil national du Parti québécois, sur le nationalisme économique était fort pertinent. Oui, pertinent, car il nous rappelle que le Québec fier et prospère que nous voulons retrouver en chassant les libéraux est justement, à l'origine, et vous l'avez souligné, une oeuvre entreprise dans les années 60 par les libéraux de Jean Lesage, le grand responsable de notre Révolution tranquille. Vous proposez aux Québécois d'aller plus loin encore au plan de la prospérité, au plan de la fierté et de l'autodétermination. C'est bien !

Mais pour emprunter ce chemin avec assurance, et ensemble comme Québécois, vous avez raison, il faut aller chercher ces libéraux nationalistes, mais aussi fédéralistes de bonne foi. Oui, pour ce faire, reporter le référendum en 2022 est une clé d'approche qui peut être rassurante, mais selon moi, ce n'est pas suffisant pour les rassurer, et tous les Québécois, hors de tout doute.

Ne faudrait-il pas, en effet, ajouter deux autres éléments stratégiques à votre plateforme : 1) annoncer dès maintenant, et officiellement au Congrès de l'automne prochain, la question référendaire pour le mandat de 2022 - voulez-vous que le Québec devienne un pays indépendant ? - et fixer le OUI gagnant à 55 % (ainsi pas de chicane, moins de peur et de division et surtout un ralliement plus facile pour les régions ayant voté NON, possiblement Montréal, l'Outaouais et peut-être même encore la région de Québec...) ; 2) à la reprise des travaux en février, oser même proposer une motion (ce qu'auraient dû faire les libéraux, qui ne sont plus ceux de Jean Lesage depuis longtemps, à l'occasion du 150e) demandant au fédéral d'ouvrir la constitution pour y accueillir le Québec en tant que premier peuple fondateur du Canada, et ce, par l'inscription d'une déclaration d'identité explicite qui implique des pouvoirs souverains en matière de culture, de langue et d'immigration, entre autres dispositions.

Puis attendre la réponse, si nécessaire pendant tout le 150e, ne serait-ce pas une façon positive, et surtout en lien avec le respect de soi et de notre histoire, de souligner cette fête en tant que Québécois plutôt que de recycler le palmarès de nos frustrations historiques à l'égard du Canada ? S'il n'y avait pas de réponse ou que celle-ci était négative, cette situation serait bien sûr fort rassembleuse de tous les Québécois pour envisager le saut vers l'indépendance. Mais si elle était positive, ne serait-ce pas un plus, à la fois pour le Québec et le Canada ? 

Aussi, bien sûr, comme vous l'avez proposé, discuter et convenir d'ici 2022 d'une constitution nationale est primordial. Mais pas question que ce soit l'objet d'un OUI ou d'un NON lors du référendum de 2022. Mais oui, elle est nécessaire pour éclairer chaque citoyen quant au pays qu'il devra avoir en tête en prévision de ce référendum que vous annoncez.

Si vous osiez, monsieur Lisée, et le PQ au Congrès de l'automne, aller aussi loin, selon l'esprit de Jean Lesage et de Jacques Parizeau qui avait appuyé Meech, ceci donnerait le message clair et rassembleur que l'autodétermination du peuple québécois est compatible avec le Canada donc à l'intérieur de celui-ci, ou à défaut, à l'extérieur, et cela s'appelle l'indépendance.

Denis Forcier

Shefford

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