Une tortue sur un poteau de clôture

Le président élu des États-Unis, Donald Trump... (archives Agence France-Presse)

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Le président élu des États-Unis, Donald Trump

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La Voix de l'Est

Voilà la blague rapportée par Boucar Diouf dans son billet paru dans La Presse du 8 novembre 2016:

« C'est l'histoire d'un médecin de campagne qui discute avec un vieux fermier qui est venu faire soigner un bobo de travail. Pendant que le toubib examine sa main meurtrie, le vieux paysan désireux de parler politique lui dit que Donald Trump n'était rien de moins qu'une tortue sur un poteau. Déboussolé par l'expression, le médecin demande au fermier d'élaborer pour l'aider à comprendre.

- Quand tu trouves sur un chemin de campagne une tortue en équilibre sur un poteau de clôture, tu sais que l'animal n'est pas monté sur le pieu de lui-même, qu'elle est arrivée à une hauteur incompatible avec ses compétences naturelles, mais tu te demandes surtout qui est l'imbécile qui l'a amenée jusqu'à cette hauteur. »

Peut-être que la Planète est plus malade que l'on croit et peut-être qu'il y a beaucoup de tortues juchées sur les poteaux et peut-être que ces situations hallucinantes se retrouvent aussi chez nous dans nos patelins municipaux.

La démocratie, selon Abraham Lincoln, c'est le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple. C'est le peuple qui gouverne le peuple. Or, la démocratie est aussi un miroir qui reflète de manière plus ou moins parfaite le niveau de civilisation et d'éducation de chaque peuple. Nous avons les dirigeants que nous choisissons librement et que, curieusement, dénigrons quotidiennement. Voilà une bonne façon de se tirer démocratiquement dans le pied et voilà surtout la source cachée de notre cynisme collectif. Au lieu de viser les élus, ne devrions-nous pas viser d'abord les électeurs ? C'est ce qu'a rappelé Barack Obama dans son discours d'adieu.

La situation actuelle aux États-Unis a le grand mérite d'être claire et transparente. Personne ne peut nier que les 63 millions de citoyens américains qui ont voté pour le candidat républicain ne connaissaient pas ses idées. Par conséquent, le peuple a tranché et le peuple, apparemment, ne se trompe pas. Il ne se trompe pas parce qu'il élit une personne qui le représente bien à ce moment-là. Si en 2008, le peuple américain s'est reconnu dans la personne de Barack Obama, est-il possible en 2016 qu'il se soit reconnu en Donald Trump tel que décrit par François Cardinal dans La Presse du 12 novembre 2016 ?

« Donald Trump est un menteur, un manipulateur, un misogyne. C'est un instable, un provocateur, un imprévisible. Autant de défauts qui supplantaient de loin ceux de sa rivale, aussi calculatrice, froide et impopulaire soit-elle. Autant de défauts qui auraient dû le disqualifier avant même qu'il soit sacré candidat d'un des principaux partis américains. Mais voilà, malgré tout cela, les États désunis d'Amérique ont nommé Donald Trump polarisateur en chef. Ils lui ont donné les clés de la Maison-Blanche, ils lui ont octroyé les pouvoirs du commandant en chef, ils l'ont nommé à la tête de la plus importante puissance militaire au monde. C'est vrai, Donald Trump a simplement répondu aux peurs et frustrations d'une importante frange d'électeurs. Mais cette réponse était caricaturale, approximative, dangereuse jusqu'à un certain point. Elle était souvent populiste, raciste, sexiste. Elle s'appuyait sur les blasphèmes, les insultes, les menaces. Elle misait sur la division, l'intimidation et la provocation. Tendre l'oreille à la colère des électeurs, oui. Mais se laisser guider par leurs plus bas instincts est la meilleure façon de mener le pays droit dans le mur. »

Aux prochaines élections municipales, scolaires, provinciales et fédérales, demandons-nous à quoi ressemblera la personne qui nous représentera et de quel niveau de civilisation et d'éducation sera-t-elle le reflet. Est-ce que nous placerons lucidement et volontairement une tortue sur le poteau du pouvoir au risque de perdre nos acquis démocratiques, sociaux, environnementaux, communautaires, culturels et patrimoniaux ?

André Beauregard

Shefford

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