L'accueil de l'étranger

Au Québec, l'évolution s'est faite sans heurt; toutes... (archives La Presse)

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Au Québec, l'évolution s'est faite sans heurt; toutes les communautés de croyants ont continué de profiter de la pleine liberté de vivre leur foi en toute quiétude. Par contre, cette évolution s'est traduite par la transformation du système public d'éducation.

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La Voix de l'Est

Les gens impliqués dans la transmission du message évangélique au sein des communautés chrétiennes sont certainement les premiers à constater que la société québécoise a grandement changé au cours des dernières décennies.

Le Québec est une société à la fois sécularisée et pluraliste. Dans ce contexte, les chrétiens sont appelés maintenant à jouer un rôle important dans l'accueil de l'étranger dont les coutumes, les traditions, les croyances, les prescriptions particulières et les rituels religieux sont si différents de la grande majorité des Québécois vivant au Québec depuis plusieurs générations.

Il est parfaitement admis que la présence des étrangers ne nous enlève rien, mais plutôt qu'elle nous enrichit en termes de diversités religieuses. Au plan religieux, les Québécois ont apporté beaucoup de changements depuis 1960. Ils ont compris que l'État n'est pas au service d'une pensée religieuse spécifique et que ses législations n'ont pas à se conformer aux normes d'une religion en particulier. Ainsi, le caractère laïque ou neutre de l'État québécois s'est affirmé en ne favorisant ou défavorisant aucun groupe religieux majoritaire ou minoritaire, ancien ou nouveau.

Au Québec, l'évolution s'est faite sans heurt; toutes les communautés de croyants ont continué de profiter de la pleine liberté de vivre leur foi en toute quiétude. Par contre, cette évolution s'est traduite par la transformation du système public d'éducation. Les Québécois ont compris que l'école publique se devait de recevoir tous les enfants sans aucune discrimination et dans le respect de leurs croyances ou de leurs non-croyances.

Par conséquent, tout enseignement visant à approfondir la foi et l'engagement religieux non seulement ne relevait pas de l'école publique, mais devenait plutôt l'entière responsabilité des communautés de croyants. En fait, l'école ne devait plus être une succursale de l'église ou de « meeting hall » ou de la mosquée ou de la synagogue. C'est ainsi que l'ancien système public d'éducation (catholique et protestant) est devenu un système non confessionnel et ouvert à tous les enfants du monde. « L'école publique » est devenue un lieu privilégié du vivre ensemble non pas par l'assimilation, mais par l'intégration mutuelle des valeurs des uns et des autres. [...]

L'absence de véritables connaissances des nouveaux arrivants et surtout l'absence de côtoiements quotidiens avec ces gens venus d'ailleurs favorisent parfois des peurs et d'immenses préjugés totalement injustifiés et des sentiments de pertes tout aussi injustifiés.

C'est pourquoi nous devons féliciter Mgr François Lapierre qui dans sa lettre pour Noël 2015 écrivait ceci : « la nouveauté qu'apporte la venue du Sauveur nous invite à l'ouverture, à un amour universel car tout être humain mérite d'être connu et aimé. L'ignorance de l'autre est souvent source de peur et même de violence... C'est ce même Jésus qui dira plus tard "J'étais un étranger et vous m'avez accueilli" (Mt 25,35) et nous apprendra que la valeur de tout être humain est plus grande que son appartenance ethnique ou religieuse. C'est là l'une des nouveautés qu'il a apportée à la vie du monde. »

André Beauregard

Shefford

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