Exiger des rendements

L'auteur de cette lettre, Denny O'Breham... (Janick Marois, archives La Voix de l'Est)

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L'auteur de cette lettre, Denny O'Breham

Janick Marois, archives La Voix de l'Est

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La Voix de l'Est

Le conseil de la ville de Granby a décidé que la Régie aéroportuaire régionale des Cantons-de-l'Est (RARCE) n'atteint pas les objectifs qu'elle s'était fixés : « L'aéroport a eu 25 ans pour faire lever le transport aérien. Et il n'a pas réussi », nous dit le maire Pascal Bonin.

À ceux qui tentent de défendre l'importance de l'organisme, le maire leur répond : « Mais demain matin, regardez bien ça : il n'y a rien qui va bouger. Ça n'affectera rien pantoute ». Et il a raison. Le conseil n'a rien contre les aéroports : d'autres villes peuvent y investir, mais le privé peut aussi y investir si l'intérêt y est.

La Ville économisera donc 96 000 $ par année.

Mais est-ce que le conseil aura les mêmes exigences pour les autres organismes qu'il finance ?

Commerce et Tourisme Granby et Région reçoit 850 000 $ par année, soit près de 9 fois plus que la RARCE. Quels sont leurs objectifs et les ont-ils rencontrés ? En fait, cet organisme joue le rôle d'une chambre de commerce, un rôle qui revient au privé. D'ailleurs cet organisme a été créé de toute pièce, il y a une dizaine d'années, par l'ancien maire pour remplacer les organismes privés déjà en place.

L'objectif premier a toujours été le renouvellement du centre-ville, le même que ceux des organismes privés qu'il a remplacés ; un objectif poursuivi depuis au moins les 25 années précédentes. Jamais personne n'a eu d'exigences claires envers cet organisme, des buts quantifiables à atteindre. Quels ont été les effets de ce coûteux organisme jusqu'à présent ? Je crois que les termes « rien pantoute » s'appliquent tout aussi bien ici.

Le présent conseil a plutôt choisi de changer la tête dirigeante de l'organisme en se disant : « Voyons voir ce qu'il fera. » Le conseil choisit de mettre encore de l'argent dans des projets au centre-ville, comme si on ne l'avait jamais fait avant et comme si c'était le seul quartier à Granby. Pour embellir les autres quartiers, chaque propriétaire doit investir dans sa propriété privée ; pourquoi est-ce différent pour les propriétés du centre-ville ? Malgré tout, il n'y a toujours pas d'objectif clair de rendement.

Alors comment saurons-nous si l'argent investi dans cet organisme - et le centre-ville en particulier - rapporte des fruits ? Pourquoi ne faisons-nous pas la même chose avec l'aéroport : changer la tête dirigeante et réinvestir de l'argent neuf ?

Granby Industriel et l'incubateur industriel sont d'autres organismes qui coûtent beaucoup plus cher que la RARCE et qui ne rapportent « rien pantoute ». Mais encore faudrait-il que le conseil leur impose des objectifs de rendement pour estimer ce qu'ils rapportent. Est-ce que Granby Industriel a un véritable impact sur l'emploi à Granby ou est-ce qu'il n'y a qu'une poignée d'entrepreneurs qui profite d'avantages démesurés par rapport aux autres entrepreneurs granbyens qui forment une majorité ?

M. le maire, continuez sur votre lancée et posez-vous les bonnes questions pour chacun des organismes que vous financez avec l'argent de l'ensemble des citoyens : quels sont les objectifs de ces organismes ? Les rencontrent-ils ? Aurions-nous eu des résultats similaires sans la présence de ces organismes ? Est-ce que l'ensemble des citoyens en profite ? Ou est-ce que ça ne change « rien pantoute » ?

Denny O'Breham

Granby

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