Vérité et justice

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La Voix de l'Est

Nous vivons dans un État de droit. Personne ne peut être condamné sans un procès juste et équitable. La présomption d'innocence est fondamentale. Les allégations ne sont synonymes ni d'accusations et encore moins de condamnations. Voilà les principes.

Mais la réalité ne contourne-t-elle pas ces principes ? Le lynchage public n'est-il pas encore bien présent ? Les firmes d'avocats et les médias qui devraient être les premiers responsables de l'application de ces principes ne font-ils pas beaucoup plus de place au sensationnalisme et au mercantilisme plutôt qu'au respect de ces principes de justice ? Les dommages collatéraux liés aux reportages ne sont-ils pas totalement laissés pour compte ? La généralisation indirecte des allégations et les soupçons inventés de toute pièce ne sont-ils pas des formes graves d'injustice ? Caricaturer ou titrer négativement toute une institution sans aucune distinction et sans aucun discernement, est-ce respecter l'éthique médiatique ? Accordons-nous suffisamment d'importance à la recherche de la vérité et au respect des personnes ? Pourquoi si peu de place pour les résultats d'enquêtes et les informations vérifiées et confirmées au lieu de multiplier et répéter ad nauseam des « allégations » qui n'ont été corroborées par aucun élément d'enquête officielle ? Dans les faits, trop de médiatisation des « allégations » qui parfois frôlent le burlesque ne risque-t-elle pas de miner sérieusement la crédibilité des « présumées » victimes ?

Voilà autant de questions à se poser à la suite des pseudo-révélations d'actes de pédophilie qui auraient « peut-être » été faites par des éducateurs de la région qui, faut-il le rappeler, ne sont pas accusés et ne font l'objet d'aucune enquête, mais que les reportages présentent déjà comme coupables. Certains répondront que ces personnes sont présentées comme de « présumés » agresseurs visés par des « allégations », mais, dans la réalité, ces personnes sont déjà condamnées. Évidemment, personne ne voudrait vivre ce que les « présumées » victimes ont « peut-être » vécu, mais personne ne voudrait vivre non plus ce que les « présumés » agresseurs vivent s'ils ne sont reconnus coupables de rien. Il est primordial de prendre le temps d'écouter avec attention et empathie ceux et celles qui se présentent comme victimes, mais il faut prendre le temps aussi de bien comprendre et de bien vérifier les dires des uns et des autres, c'est une question de justice autant pour les « présumées » victimes que pour les « présumés agresseurs ». Il y a toujours deux côtés à une médaille et c'est pour ça qu'il y a des procès.

Des efforts concertés doivent être consentis pour réduire les cas d'agressions sexuelles, d'inceste et de pédophilie ; un climat de confiance et d'écoute doit être établi pour bien accueillir toutes les « présumées » victimes de ces actes. Par contre, ces problèmes ne doivent pas être réglés en foulant au pied de façon tout à fait irresponsable les principes fondamentaux de la justice et en écrasant sans vergogne toutes les personnes vivant dans l'entourage des « présumés » agresseurs. On ne règle pas le problème des uns en faisant vivre l'enfer à de multiples personnes innocentes. De plus, si la vérité et la justice nous tiennent à coeur, ne faudrait-il pas évoluer et améliorer les façons de faire de nos firmes d'avocats et de nos tribunes médiatiques afin d'éviter d'offrir à la populace des gens à condamner sans procès et à lyncher comme au Moyen-âge, un cadeau pour les médias sociaux et leurs propos anonymes et incendiaires ?

André Beauregard

Shefford

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