Et si le Québec devenait un champion de la lutte contre la pauvreté?

Le gouvernement devrait changer d'attitude. Sa manie de... (Archives La Presse)

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Le gouvernement devrait changer d'attitude. Sa manie de ridiculiser les organisations et les personnes qui revendiquent, notamment, une augmentation du salaire minimum à 15$ l'heure est pour le moins déplacée.

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La Voix de l'Est

En matière de lutte à la pauvreté, le gouvernement du Québec actuel est un champion... du pire. Dans une société aussi riche que la nôtre, il est proprement scandaleux que plus d'un million de personnes vivent dans la pauvreté. Le Québec doit cesser d'ignorer toutes ces personnes qui ne demandent qu'un coup de pouce pour pouvoir vivre dignement.

À l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la pauvreté, le 17 octobre, nous invitons le gouvernement à effectuer un virage à 180 degrés et à livrer, dans les prochains mois, un plan de lutte à la pauvreté où celle-ci sera enfin réellement traitée comme une priorité nationale.

Pour cela, le gouvernement devrait d'abord changer d'attitude. Sa manie de ridiculiser les organisations et les personnes qui revendiquent, notamment, une augmentation du salaire minimum à 15$ l'heure est pour le moins déplacée. Au Québec, 970 000 personnes gagnent présentement 15$ l'heure ou moins. Avec un tel salaire, une personne vivant seule demeure pauvre même en travaillant à temps plein. Il est prioritaire et urgent de mettre fin à cette situation.

Le gouvernement devrait aussi impérativement renoncer aux pénalités financières que prévoit le projet de loi 70 pour les personnes faisant une première demande d'aide sociale. La prestation de base actuelle pour une personne seule, de 623$, permet à peine de couvrir la moitié des besoins de base reconnus. Le ministre Blais propose de couper la prestation de base de 224$. Ça relève de la pure indécence! C'est impossible de vivre au Québec avec 399$ par mois.

Le gouvernement devrait plutôt augmenter la prestation d'aide sociale et les autres aides financières jusqu'à ce qu'elles atteignent un seuil permettant à tout le monde de couvrir ses besoins de base. Selon des études, ce seuil se situe à environ 17 500$ par année. Le gouvernement devrait aussi travailler à contrer les préjugés à l'égard des personnes en situation de pauvreté, au lieu de les alimenter comme il l'a fait en essayant de défendre son indéfendable projet de loi 70.

Finalement, le gouvernement devrait mettre fin à l'asphyxie des services publics, entamée depuis une trentaine d'années, mais aggravée depuis la mise en place de politiques d'austérité. Cette austérité «toxique» a nui à la classe moyenne, mais encore davantage aux personnes les plus pauvres. À qui profitent ces politiques d'un autre temps?

 

Serge Petitclerc et Virginie Larivière,

porte-paroles du Collectif pour un Québec sans pauvreté

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