La souveraineté n'est plus urgente, alors...

Pour remporter la mise en 2018 et prendre... (archives Le Soleil)

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Pour remporter la mise en 2018 et prendre le pouvoir, le PQ de Jean-François Lisée ne pourra pas compter sur la convergence souverainiste puisque pour son parti il n'y a plus d'urgence souverainiste.

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La Voix de l'Est

La majorité des membres du Parti québécois ont fait faire un virage étonnant à leur parti. En désignant le 7 octobre comme vainqueur de la course Jean-François Lisée, ils ont donné au Québécois le message suivant: l'urgence politique n'est plus de faire l'indépendance du Québec, c'est plutôt celle de sortir les libéraux en 2018, en promettant de ne pas tenir de référendum à ce sujet pendant tout le mandat jusqu'en 2022. Ils paient ainsi très cher sur le plan de leurs convictions et sur le plan de l'identité de leur parti ce désir de reprendre le pouvoir.

Le silence quant à l'indépendance et donc le vide constitutionnel auquel ils viennent de s'obliger, pour au moins de six à huit ans, profitera au fédéralisme actuel et permettra à Justin Trudeau de finaliser le crémage sur le gâteau constitutionnel de son père, Pierre-Eliott, qui a été malaxé en 1982 de façon à dissoudre le nationalisme québécois.

Ce gâteau, joliment crémé, a bien des chances de plaire au point que Justin soit réélu avec une forte majorité au Québec en 2019 à la face même d'un gouvernement Lisée qui se sera fait élire, peut-être, en 2018 en promettant de ne pas parler et encore moins d'agir en tant que gouvernement pour promouvoir la souveraineté en réponse à un fédéralisme définitivement hostile à la nation québécoise.

Si bien qu'en 2022, de ressortir le référendum comme le promet JFL, le Parti québécois risque d'avoir l'air de venir d'une autre planète et risque évidemment de ne pas être élu et de disparaître de ce fait et pour toujours dans la Voie lactée de l'histoire du nationalisme québécois.

J'ai voté pour Martine, devenue dans les média «la pas fine» accusée de déloyauté pour avoir qualifié ses collègues de provincialistes, ce qu'ils ont été tout à fait dans cette course. C'est vrai qu'elle aurait pu simplement les qualifier de souverainistes déconnectés du réel et de tout sentiment d'urgence quant à la nécessité de faire l'indépendance. Mais que voulez-vous, elle n'a pas l'éloquence d'un Jean-François Lisée et l'impatience, tant au niveau de ses convictions que dans son ton, n'a pas aidé la femme qu'elle est et contre laquelle aussi les membres ont voté. Triste!

Quoi qu'il en soit, les dés ont été jetés. Les membres du Parti québécois ont décidé de jouer ce qu'il pense être leur joker pour sauver leur parti. Nous avons, maintenant, un chef qui sera, certes, politiquement redoutable. D'ailleurs, les propos ultra-paniqués et extrémistes de Philippe Couillard au sujet du nationalisme du PQ en fin de semaine dernière illustrent bien le désarroi du Parti libéral.

Cependant, pour remporter la mise en 2018 et prendre le pouvoir, le Parti québécois de Jean-François Lisée ne pourra pas compter sur la convergence souverainiste puisque pour son parti il n'y a plus d'urgence souverainiste. D'ailleurs, apparemment, déjà des péquistes quittent pour Option nationale. En fait, il ne pourra compter que sur les nationalistes de la CAQ, s'il en reste, et à condition de leur proposer un plan de match, à défaut d'un référendum pendant le mandat de 2018, qui vise à renouveler le fédéralisme à l'avantage de la nation québécoise. Ce qui permettrait aussi d'aller chercher certains nationalistes du Parti libéral.

Mais faire cela sans faire injure aux membres du Parti québécois, qui, paradoxalement, disent toujours vouloir l'indépendance tout en la reportant, exigera de la part de leur nouveau chef des prouesses politiques hors du commun. Mais il en est capable et la conjoncture s'y prête. En effet, les Québécois veulent régler la question nationale, maintenant, et de la meilleure façon possible pour pouvoir enfin passer à autre chose et, surtout, libérer les jeunes générations de ce boulet, politiquement encombrant, hérité d'un passé révolu.

 

Denis Forcier

Shefford

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