Protéger la liberté de conscience de tout intégrisme

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La Voix de l'Est

Dans l'actualité des derniers jours, on apprenait que certains évêques canadiens se proposaient d'enjoindre leurs prêtres à refuser des funérailles religieuses aux personnes qui auraient demandé l'aide médicale à mourir. Cela a eu l'effet d'une bombe attribuable à une forme d'intégrisme religieux qu'on croyait disparu dans le catholicisme.

Heureusement que Mgr Lépine, archevêque de Montréal, et Mgr Lacroix, archevêque de Québec, ont vite annoncé leur opposition à une telle embardée. Un prêtre de Drummondville a eu le mot juste en disant que l'Église ne peut pas ne pas respecter la liberté de conscience des personnes qui choisissent de mourir comme la loi le permet. Un autre, à la retraite, après avoir accompagné pendant de nombreuses années des personnes mourantes, a dit qu'une telle conséquence ajouterait aux souffrances de fin de vie. Et puis, lundi, dans La Voix de l'Est s'ajoute dans le même sens la voix de Serge Pelletier, prêtre à Granby.

Au dictionnaire, on trouve la définition suivante sous le mot intégrisme: «Attitude de ceux qui souhaitent maintenir dans son intégrité, sans qu'il évolue, un système doctrinal donné.» Cette attitude a tendance à se retrouver souvent dans l'univers religieux puisque celui-ci repose sur la foi ou la croyance en Dieu, et donc à son message aux hommes. Lequel évidemment peut être compris, mais aussi compromis à travers le filtre humain, et finalement susciter la discorde. D'où la nécessité de la théologie et de déterminer un corpus de croyances, une doctrine qui soit commune aux adhérents d'une même religion.

Le problème est que cette doctrine qui doit toujours être revue, ajustée, et évoluer puisque Dieu n'a, sans doute, pas cessé de parler aux hommes, devient la seule vérité, une vérité confisquée par des hommes pour installer leur pouvoir, hors de laquelle il n'y a pas de salut, et, surtout, faisant croire que Dieu a parlé définitivement à quelques grands prophètes qu'ils connaissent bien et que depuis, il est muet. C'est ça l'intégrisme religieux, une tromperie. Au nom de laquelle on cherche à contraindre la liberté de conscience des humains. Leur bien le plus précieux.

Mais sous prétexte de combattre l'intégrisme religieux, et en particulier, au Québec, l'intégrisme musulman qui se manifeste de plus en plus, en l'absence d'autocritique de la part d'autorités mâles souvent autoproclamées Imans, on a voulu y opposer un régime de laïcité (projet de loi 60 de Bernard Drainville) qui ne se contentait pas d'assurer la neutralité de l'État et des institutions publiques, mais qui voulait interdire dans ces espaces les signes religieux portés par les personnes. Ce projet a échoué avec la défaite en avril 2014 du Parti québécois.

Ce qu'il en reste aujourd'hui n'est guère mieux. On veut opter pour une approche graduelle, si bien que les quatre candidats à la chefferie du PQ s'entendent pour n'interdire les signes religieux qu'aux juges, policiers et gardiens de prison. Mais, même à dose infinitésimale, le concept de laïcité demeure le même, c'est celui de l'interdiction. Et ce concept est non seulement dépassé, mais il constitue aujourd'hui une forme d'intégrisme dangereux pour la liberté de conscience.

Denis Forcier, Shefford

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