Sur quelle planète vivez-vous, M. Couillard?

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Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard

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La Voix de l'Est

Ouverture en grande pompe d'une consultation pour une politique de la réussite éducative. WOW! Sur quelle planète vivez-vous, M. Couillard, quand vous dites: «On veut les voix, on veut les points de vue, mais on veut aussi les propositions» ?

Vous n'avez pas entendu les cris des parents qui entourent les écoles? Vous n'avez pas entendu les revendications des enseignants sortis dans la rue? Vous n'avez pas entendu la voix des professionnels en éducation que vous avez congédiés? Vous n'avez pas vu les écoles en train de tomber en ruine?

Comment réagir devant les déclarations de votre ministre de l'Éducation: «On parle toujours des experts partout qu'on veut consulter, mais on a de grands experts dans nos classes qui sont nos enseignants et enseignantes. Il faut également écouter leur voix, et leur donner la capacité d'imprimer ces changements qu'ils ou elles voient nécessaires au niveau où ils ou elles travaillent». Comment concilier ces paroles divines avec l'acharnement à couper aveuglément et de manière draconienne dans toutes les sphères de l'éducation?

Vos actes parlent beaucoup plus fort que vos paroles et si le passé est le garant de l'avenir, nous pouvons sans crainte de nous tromper affirmer que cette consultation ne servira qu'à faire taire la grogne qui règne dans les familles et dans les écoles et surtout, à susciter de faux espoirs.

Votre programme «archinéolibéral» de l'austérité continuera sournoisement et inéluctablement à gruger dans toute l'économie du Québec et dans son principal pilier: le système d'éducation québécois. Comment qualifier votre discours quand d'une main, vous coupez des milliards, et de l'autre, ne remettez que des miettes?

Vous jouez au yo-yo avec tous les secteurs de nos vies. Votre seule véritable priorité confirmée au mois de juillet par le président du Conseil du Trésor, c'est la réduction du fardeau fiscal des particuliers et des entreprises: 4,5 milliards! D'où vient ce futur surplus pharaonique, sinon des coupures injustifiées et injustifiables? Imaginez tout ce qui aurait pu être fait en éducation et en santé si ce montant avait été investi dans nos institutions publiques! Mais guidé par un esprit néolibéral radicalement antisocial, vous préférez éparpiller ce montant cruellement acquis sur le dos des citoyens par des baisses d'impôts dans les poches de ceux qui ont la possibilité d'en payer (...)

M. Denis Lessard rappelait au mois de mars vos propos tenus à l'Assemblée nationale: «Nous nous sommes donné la marge de manoeuvre nécessaire pour réinvestir dans les secteurs qui nous tiennent à coeur: l'éducation, la santé et la réduction du fardeau fiscal des particuliers et des entreprises.»

Et M. Gérald Fillion ajoutait le commentaire suivant: «Le premier ministre a ainsi exprimé clairement ce qu'on savait depuis deux ans: on a coupé pour baisser vos impôts. C'est jeudi (mars 2016) que ça commence, en route vers les élections d'octobre 2018.

La "marge de manoeuvre" dont parle le premier ministre, ce sont les coupes dans les programmes du gouvernement, particulièrement en éducation depuis deux ans. Si le premier ministre avait voulu être totalement limpide, il aurait dit quelque chose comme: on a coupé pendant deux ans, on va recommencer à dépenser dans les deux prochaines années en vous disant qu'on baisse vos impôts. Comment affirmer que l'éducation fait partie des secteurs "qui nous tiennent à coeur" dans les circonstances? Couper en éducation pour investir en éducation, expliquez-moi ce que ça veut dire?»

André Beauregard

Shefford 

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