Remettons les pendules à l'heure

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La Voix de l'Est

Monsieur le sénateur,

Le sénateur Boisvenu a publié, ce jeudi 1er septembre, une lettre ouverte dénonçant la position des CALACS dans le dossier du registre public des délinquants sexuels. Il semble toutefois que monsieur le sénateur n'ait pas très bien compris notre position (beaucoup plus nuancée que ce qu'il laisse entendre) et qu'il n'ait pas pris le temps d'analyser de manière appropriée notre argumentaire. Nous comprenons que M. Boisvenu cherche à défendre son point de vue et nous respectons cela. Nous jugeons toutefois qu'il le fait de manière maladroite et réductrice, et nous en sommes déçues. Nous souhaitons donc remettre, ici, les pendules à l'heure.

Dans un premier temps, nous trouvons injuste et complètement inacceptable que M. Boisvenu accuse les CALACS de défendre les agresseurs sexuels. Depuis 35 ans, les CALACS défendent les victimes d'agressions sexuelles, et ce n'est pas demain la veille qu'ils vont commencer à défendre les agresseurs, soyez en assurés-es.

Nous allons donc l'écrire à nouveau: nous ne sommes pas contre un registre public des délinquants sexuels... Nous émettons des réserves. Émettre des réserves, ça veut dire que nous questionnons les effets d'un tel registre. Notre plus grande inquiétude, nous allons la (ré) expliquer, est celle de créer un faux sentiment de sécurité dans la population et nous développons sur cette question dans notre précédente lettre.

De plus, toutes les statistiques utilisées par le sénateur nous permettent de répéter que là où le bât blesse, c'est dans l'application des lois. C'est ce combat, contre le système judiciaire, que nous menons justement depuis plus de 35 ans d'années. Ce combat où nous dénonçons le traitement des plaintes des victimes, soit le faible taux de rétention de celles-ci, les délais de procédures, les peines bonbons qui ne sont pas proportionnelles aux conséquences que vivent les victimes...

Nous croyons en la prévention et en la sensibilisation. Plus nous allons démystifier la problématique de la violence sexuelle auprès de nos enfants et de monsieur madame tout le monde, plus nous nous contribuerons à l'enrayement des agressions sexuelles.

En terminant, nous espérons que toutes les victimes d'agressions sexuelles qui ont lu les propos de M. Boisvenu, qui ne reflètent aucunement nos valeurs, sauront faire la part des choses. Nous souhaitons qu'elles puissent se faire leur propre opinion, en ayant en main, des informations justes et nuancées. Les CALACS ont été créés par et pour les femmes et nous allons toujours poursuivre notre mission de base, soit celle de défendre les droits des victimes, de faire de l'éducation et de la sensibilisation ainsi que d'offrir du soutien et de l'accompagnement tant aux victimes, qu'à leur proche.

 

Sophie Labrie,

CALACS de Granby

Stéphanie Tremblay,

RQCALACS

Maggie Fredette,

CALACS Agressions Estrie

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