Un éclairage différent concernant les pistes multifonctionnelles

La rue Léger.... (Alain Dion, La Voix de l'Est)

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La rue Léger.

Alain Dion, La Voix de l'Est

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La Voix de l'Est

J'ai pris l'engagement d'être intègre et transparent lors de ma campagne électorale de 2013.

J'ai également pris l'engagement d'être loyal envers la Ville de Granby et ses fonctionnaires lors de l'assermentation qui a suivi.

Bien honnêtement, je trouve que cette histoire prend plus de proportions que ce qu'elle devrait prendre.

Dans les différents paliers de gouvernement, de multiples décisions avec plus ou moins d'importance doivent se prendre parfois rapidement et ensuite l'action se fait très souvent attendre.

Les services techniques travaillent depuis longtemps sur la refonte de la mobilité en général. Que ce soit pour les tracés scolaires, les voies de camionnage permises, les vitesses permises pour les artères, les collectrices et les rues locales. Les fonctionnaires travaillent également sur l'amélioration de la mobilité active. Ces travaux sont en général présentés au comité de la circulation et ensuite au conseil municipal, mais parfois ils se rendent directement au conseil municipal.

Ayant été sur le comité de la circulation l'automne passé, j'ai vu le fameux croquis des pistes cyclables et pistes multifonctionnelles envisagées dans un futur plus ou moins lointain. Le conseil ne l'avait pas encore vu au début juin et ce plan est loin d'être final. Le fait qu'il y ait un plan ne veut pas dire qu'il sera appliqué tel quel et rapidement. Il sera assurément modifié avec le temps et prendra peut-être plus de 20 ans avant de se concrétiser. Il n'a jamais été prévu de le développer dans ce mandat.

Chaque membre du conseil est en faveur d'un tracé de mobilité active, mais nous ne sommes pas nécessairement tous du même avis sur la façon de procéder et nous ne nous sommes pas engagés à accélérer son déploiement.

Il y a une chose qu'il faut bien comprendre. Quand nous avons accordé des montants pour répondre aux besoins des citoyens des rues Saint-Hubert et Léger, l'idée n'était pas du tout de partir un grand projet de pistes multifonctionnelles. L'ajout de pistes multifonctionnelles est circonstanciel.

Des citoyens nous reprochent de cacher l'ajout de pistes à l'intérieur de projet d'égouts et d'aqueduc. Le but n'est pas du tout de leur forcer la main en les intégrant dans un projet global.

C'est la chose à faire! Si nous investissons des millions de dollars dans un secteur pour y ajouter des services, la moindre des choses est d'essayer de prévoir le plus possible par rapport aux orientations futures. Il revient moins cher d'ajouter une piste alors que l'on refait la rue que de réaménager la rue quelques années plus tard.

On est tous portés à vouloir comprendre les projets sur le court terme, mais nous, les élus, devons également avoir une vision sur le moyen et le long terme.

La loi nous oblige à avoir un registre pour l'ensemble des citoyens lorsque la part des riverains est inférieure à 75 % et que nous allons en règlement d'emprunt. On n'est pas allés de cette façon dans le but de diminuer leurs chances de bloquer le projet.

Le nombre de signatures requises pour remettre en question notre règlement ou aller en référendum équivaut à seulement 2,5 % de citoyens habiles à voter. On ne peut pas dire qu'une majorité de citoyens s'opposent à un projet parce que l'on atteint la quantité de signatures prescrites par la loi.

Je ne considère pas que le conseil a manqué de «fairplay» en laissant aller la procédure même s'il manquait «seulement» 138 signatures. En fait, nous avons fait économiser énormément d'argent à la ville en n'allant pas en référendum. Car selon moi, si le nombre avait été atteint, nous serions allés en référendum.

Les citoyens concernés ont dit qu'ils ne s'opposaient pas à la mobilité active. Ils ont dit qu'ils ne la voulaient pas dans leur rue. Moi, j'aurais eu le courage de demander un référendum si le nombre de signatures avait été atteint, car mon travail consiste aussi à veiller aux intérêts de l'ensemble des citoyens de la ville de Granby.

La piste multifonctionnelle n'est pas sur la rue Léger par hasard. Le plan général est pensé pour qu'éventuellement presque chaque citoyen de Granby puisse accéder au réseau de pistes cyclables via une piste multifonctionnelle située à moins de 500 mètres de chez lui. La piste de la rue Léger bouche le trou au sud de la ville en rejoignant la rue Simonds et la Montérégiade via Dorchester. La rue Saint-Charles est trop dangereuse et nous n'avons pas assez d'emprise de rue pour y faire une piste.

Il y a une pente sur Léger, mais elle est loin d'être insurmontable. On essaie normalement d'être à l'intérieur de 5 % de dénivelé pour une piste cyclable. Cette pente n'a pas 15 %, mais bien 7 %.

La ville est ainsi faite qu'il y aurait une pente de toute façon en passant ailleurs.

Je me suis rendu sur place en vélo pour corroborer les dires des citoyens de cette rue.

C'est certain que ce ne fut pas si facile de monter cette pente, mais je l'ai fait 3 fois d'affilée quand même. Je suis en forme, mais je ne suis pas du tout un athlète. Les 10 minutes que j'ai été là, il y a eu 2 cyclistes qui sont descendus ainsi qu'un cycliste et une joggeuse qui ont monté. La joggeuse a monté en courant et le cycliste n'a jamais mis le pied au sol.

Que la piste soit là ou pas, la rue deviendrait moins large, car comme je disais auparavant, en remettant à niveau les infrastructures, nous tentons d'appliquer les normes également.

Les normes sont d'avoir une largeur de 7 mètres pour une rue sans stationnement, 9 mètres s'il y a du stationnement sur un côté et 11 mètres s'il y a du stationnement sur 2 côtés. Une rue large encourage la vitesse. La rue Cabana n'aura pas de piste et va quand même rétrécir un peu. Je suis d'accord que la bordure de béton n'est pas nécessaire selon moi pour une rue comme Léger, surtout dans la pente. Des séparateurs comme sur la rue Simonds auraient possiblement été suffisants.

Quand on parle du coût de 170 000 $ pour la piste qui est mal investi sur la rue Léger, je trouve cela malhonnête. La politique de la Ville est que la rue principale d'un quartier ait un trottoir. S'il n'y avait pas eu la piste multifonctionnelle, il y aurait eu en principe un trottoir qui aurait quand même pris la moitié de la largeur de la piste, mais qui aurait coûté plus du double de celle-ci.

Le conseil n'essaie pas de cacher des choses importantes aux citoyens. Nous tentons constamment d'améliorer notre façon de faire du côté de la communication et personne ne peut dire que nous n'avons mis aucun effort pour améliorer cet aspect. Il y a eu un vice de procédure pour le projet de la rue Saint-Hubert et nous avons unanimement signifié notre désaccord sur ce point et avons demandé une surveillance plus soutenue pour éviter que cela se reproduise.

J'espère vous avoir éclairé un peu.

 

Éric Duchesneau

Conseiller municipal

District 8, Granby 

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