La rue Léger et un réseau de pistes multifonctionnelles à Granby?

La rue Léger.... (Alain Dion, La Voix de l'Est)

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La rue Léger.

Alain Dion, La Voix de l'Est

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La Voix de l'Est

Le «plan de mobilité active», consistant à la création d'un réseau de «pistes multifonctionnelles» à Granby est en soi louable. Encourager les citoyens à utiliser davantage le vélo contribuera à la santé de la population. Plus d'exercice, et moins de pollution... personne ne peut être contre cela. Le problème, c'est le tracé de ce plan et aussi la non-consultation des citoyens.

Il semble évident que le réseau devrait passer là où ça s'impose, là où la circulation est dense et le partage de la rue souhaitable pour améliorer la sécurité, comme on l'a fait sur la rue Simons Sud. Ce sont habituellement des artères achalandées ou commerciales qui font partie d'un tel réseau, non des rues secondaires et uniquement résidentielles comme l'est la rue Léger. D'ailleurs, une telle piste rendrait cette rue moins sécuritaire. Que fera le cycliste descendant la côte de la rue Léger à vive allure entre deux murets de ciment, alors que, par mégarde, une voiture recule de l'entrée d'une résidence?

Il faut constater que le projet a été bien mal amorcé. Dans une démocratie, c'est le peuple qui gouverne. Il délègue des pouvoirs à ses élus, mais ne sacrifie pas son rôle suprême. Dans un dossier aussi important, les élus avaient le devoir de consulter et tenir compte de l'opinion des citoyens, surtout des citoyens plus directement concernés par un projet.

Or, un bon matin, les gens de la rue Léger ont été estomaqués de voir des employés de la Ville qui plantaient des pieux devant leurs maisons, sans savoir de quoi il s'agissait. C'était certes une attitude cavalière et un manque de respect total envers eux. D'une part, on a décidé de leur enlever, en devanture de leur maison, la marge de terrain de la Ville. Cet espace, ils l'avaient entretenu depuis des lunes, sans exiger un sou à la municipalité; d'autre part, on voulait qu'ils paient, sourire aux lèvres, pour cette amputation et la métamorphose déplaisante de leur rue... sans qu'ils aient eu leur mot à dire. La bévue était si grosse qu'on a dû reculer et dire qu'on refilerait la facture à l'ensemble des citoyens.

Mais le «plan de mobilité active» demeura inchangé. Les arguments de ces citoyens, même s'ils sont unanimes à quelques exceptions près, semblent avoir bien peu de poids. C'est comme si on leur avait dit: taisez-vous, vous avez tord, nous avons raison... nous avons toujours raison. Et que penser de ces séances de signatures du registre de la Ville, en pleines vacances d'été et destinées à tous les citoyens. Il était évident au départ que l'ensemble de la population se sentait peu concerné par ce projet. C'était presque «mission impossible» pour les gens de la rue Léger qui unanimement (ou presque) étaient contre le projet. Est-on en présence d'une stratégie des tenants du projet, ou à un malheureux hasard?

Le maire Pascal Bonin, alors qu'il était conseiller, n'a pas hésité à revendiquer haut et fort contre un projet de la Ville concernant son quartier. Il peut certes comprendre (lui et le conseil) les revendications des gens de la rue Léger et même accepter de revoir totalement le projet. Ce ne serait pas un signe de faiblesse, mais un acte de courage et de démocratie que l'ensemble des citoyens de Granby apprécierait. Je rappelle que, sous une autre administration, le conseil a écouté les citoyens qui s'opposaient à l'érection d'une piste cyclable sur la rue de l'Estrie. Et je sais que les autorités municipales d'alors furent enchantées d'avoir établi cette piste multifonctionnelle, non sur la rue de l'Estrie, tel que c'était prévu, mais sur la rue Drummond. Quelle belle réalisation!

Après la révélation du résultat des signatures au registre, la conseillère municipale du quartier et mairesse suppléante a dit à une journaliste: «On va s'assurer... de faire un suivi, d'aller sur place pour que tout se passe bien dans le cadre de la rue Léger» (Cf. La Voix de l'Est, 13 juillet). Qu'est-ce à dire? Le conseil serait-il prêt à entendre enfin les citoyens de la rue Léger et à garder à cette rue son caractère de rue résidentielle de quartier?

 

Émile Roberge, anciennement de la rue Léger

Granby

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