Mais si le prêtre et l'archevêque...

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Le pape François a demandé pardon, c'est bien, mais ce n'est pas suffisant pour garantir que le phénomène sera définitivement enrayé au sein de l'Église, estime Denis Forcier.

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La Voix de l'Est

J'ai lu le texte du prêtre Claude Lamoureux qui reproche à Mgr Lépine, archevêque de Montréal, d'interdire aux prêtres de se retrouver seuls avec des enfants. Ceci dans le but de protéger ceux-ci d'actes de pédophilie possibles de leur part.

Je comprends M. Lamoureux de critiquer publiquement cette position. Car, ça n'a aucun bon sens de faire de tous les prêtres des pédophiles potentiels.

De voir les choses ainsi, et d'amener les Québécois à voir le possible pédophile dans tout prêtre est certes la meilleure façon d'entacher sérieusement leur crédibilité. Cette position de Mgr Lépine me semble relever de la panique, la sienne et/ou celle du clergé.

M. Lamoureux, avec raison, suggère à Mgr Lépine de réviser cette position et de plutôt assurer «une gestion rigoureuse par les évêques des délits commis par leurs membres», que des sanctions exemplaires soient prises à leur endroit, et par-dessus tout qu'une «justice réparatrice» soit exercée de façon claire et convaincante à l'endroit des victimes.

Par contre, gérer ce problème de la pédophilie en faisant du cas par cas n'est pas suffisant pour guérir l'immense plaie laissée par ce phénomène d'abus sexuels des enfants par des prêtres (...) partout dans le monde. Le pape François a demandé pardon, c'est bien, mais ce n'est pas suffisant pour garantir que le phénomène sera définitivement enrayé au sein de l'Église. Une autorédemption active est nécessaire. L'Église doit changer sa culture, et en profondeur. En particulier, son rapport au corps humain devrait être revu et profondément modifié.

À titre de simple citoyen, je propose une liste de changements fondamentaux qui seraient de nature (...) à réduire les risques de récidive.

1) Lâcher les corps en général, pour se concentrer sur les âmes à qui on doit reconnaître, en tout respect, la liberté d'habiter un corps, de s'identifier à lui ou non, ceci en toute égalité et dignité.

2) Profitant de l'abomination du massacre d'Orlando, lever explicitement (aller plus loin que de dire comme le pape François: «Qui suis-je pour juger?») toute condamnation, qu'elle qu'en puisse être la forme, des personnes LGBT et redire que l'amour de Dieu n'a pas de limite, surtout pas celle des corps.

3) Rendre accessible aux femmes le sacerdoce, et non plus les pénaliser par des fonctions subalternes, parce que ces âmes sont dans des corps de femmes.

4) Autoriser le mariage des prêtres qui le désirent faisant ainsi de la sexualité une réalité humaine voulue par Dieu et dont l'exercice peut être également bénéfique pour l'âme.

C'est rêver un peu en couleur, mais si des Claude Lamoureux et des Mgr Lépine poussaient ensemble et avec d'autres du clergé québécois pour une Église qui respecte les corps et leurs besoins tout autant que les âmes, nul doute qu'au Québec, déjà par cette expression, un clergé uni donnerait l'indication qu'ici on souhaite passer à un meilleur équilibre corps-âmes, à plus de liberté et, en même temps, à plus de respect pour les corps des humains, en particulier, celui des enfants.

Pour y arriver, je souhaite que Mgr Lépine relance le prêtre Claude Lamoureux avec un tel projet autorédempteur.

Denis Forcier

Shefford

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