La bataille entre la droite et l'extrême droite

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La Voix de l'Est

L'affaire du Brexit nous a fait comprendre que les débats politiques nationaux et internationaux ont lieu non pas contre la gauche, mais entre la droite et l'extrême droite. Depuis toujours, la gauche s'est habituée à voir ses positions être ridiculisées. On bâillonne ceux et celles qui veulent donner la priorité à l'Humain, c'est-à-dire à tout ce qui touche l'égalité, la justice, la fraternité, le partage, la culture, l'éducation, la solidarité, mais on écoute à en baver la démagogie de la droite et les propos encore plus invraisemblables de l'extrême droite. Si les gens appuient les Donald Trump, Marine Le Pen, Boris Johnson, c'est tout simplement qu'ils se sentent trompés par les mirages et les fumisteries archi simplistes de nos pseudo-économistes de droite au service du 1 %.

Au Québec, l'Institut économique de Montréal et le Conseil du patronat et autres organismes regroupant les millionnaires peu nombreux, mais aux lobbies combien puissants, ont convaincu nos très conservateurs Bouchard, Legault, Charest et Couillard de faire entrer la belle province dans la danse du néo-libéralisme et cette danse va durer encore longtemps: les sondages le démontrent quotidiennement. La partisanerie nous rend terriblement aveugles et cruellement insensibles à la réalité humaine.

On ne regarde pas du côté de la pauvreté, elle n'est pas très bonne électoralement et pourtant, elle est la cause première de tous nos problèmes économiques et sociaux, mais on ne veut pas en entendre parler. On préfère un gouvernement qui s'enlève la possibilité d'agir afin de se permettre d'affirmer péremptoirement qu'il gouverne comme un bon père de famille en réduisant les impôts et en coupant dans l'éducation, la culture, la santé, la solidarité sociale. Ces gouvernements suivent le parcours désastreux de la Grande-Bretagne, de Margaret Thatcher à Boris Johnson. Où conduisent ces politiques de droite? Elles conduisent directement à la montée de l'extrême droite. Celle-ci carbure avidement aux tristes effets de l'austérité aveugle et totalement vidée de toute compassion et accuse «toujours arbitrairement» l'immigration, les services sociaux et la fonction publique d'être la cause du problème.

Les gouvernements de droite visent le déficit budgétaire zéro et l'atteignent en creusant un abime de souffrances par la destruction de nos services humains. Bientôt, ils vont se péter les bretelles avec en main la solution miracle du déficit zéro et ils vont gagner leurs élections. Quel bonheur! Depuis que les théories du néo-libéralisme ont envahi notre monde, est-ce que ça va mieux? Sommes-nous plus heureux? Nos malades sont-ils tellement mieux soignés? Nos enfants sont-ils tellement mieux enseignés? Nos lacs, nos rivières et notre fleuve sont-ils tellement mieux protégés?

Durant l'année 2016 et l'année 2017 et l'année 2018 et allongeons la liste à l'infini, l'austérité régnera et le déficit humain, «silencieusement», se creusera de plus en plus. Les discours archi populistes circuleront et feront surgir les solutions absurdes de l'extrême droite et, ô surprise, celle-ci obtiendra un appui démocratique important et stupéfiant. C'est ce qui se passe en Grande-Bretagne, en France et aux États-Unis. La démocratie parle: ahurie par tant d'austérité, elle se tourne «curieusement» non pas vers des politiques de justice sociale et de partage équitable des richesses, mais vers des partis de plus en plus à droite qui, «sournoisement», veulent réduire la place de la démocratie et le rôle de l'État.

 

André Beauregard

Shefford

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