Les trappes à «tickets» de Granby

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La Voix de l'Est

Mercredi 18 mai, autour de 16 heures. Je circule dans l'ancien canton de Granby, à la limite de Saint-Paul, sur le chemin de la Grande Ligne. Je suis en pleine campagne, des terrains boisés de chaque côté de la route avec des maisons. J'entre dans une zone de 50 km/h sans avoir vu le panneau installé sur un poteau d'Hydro-Québec. Un policier de Granby a vite fait de me faire ranger sur l'accotement. Je roulais 99 km/h dans une zone de 50 km/h. La première chose qu'il me dit, c'est que je faisais de la haute vitesse et il confisque mon permis de conduire pour une semaine. Fin de l'histoire.

C'est au fond une histoire banale. Je n'ai pas vu la pancarte, c'est ma faute. Le policier a fait son travail, et moi, je n'avais qu'à observer la loi.

Pourtant, je ne suis pas un conducteur qui aime la haute vitesse. Je me considère même comme un conducteur prudent, trop prudent parfois tellement je ne veux pas mettre ma vie et celle des autres en danger, que ce soit en auto ou en moto. En vélo, je fais même mes signaux avant de tourner et je respecte les feux de circulation. On n'est pas nombreux à le faire.

Suis-je un dangereux criminel? Bien sûr que non. Suis-je un conducteur dangereux? Non plus. Le jour de mon interception, ai-je mis la sécurité d'un piéton en danger? Ai-je conduit dangereusement? Vous connaissez déjà ma réponse.

Je n'écris pas ces lignes pour me plaindre, encore moins pour me faire plaindre. Je roulais à 99 km/h dans une zone de 50. Pour moi, l'affaire est entendue. En citoyen responsable, je paierai l'amende. Je suis un homme respectueux des lois.

Ce que je conteste par contre, c'est le rôle de la municipalité dans tout cela. Une municipalité qui a accepté que des citoyens se construisent en pleine campagne, parce que des taxes c'est bien payant.

Une municipalité qui a ensuite abaissé la vitesse parce qu'il faut bien assurer la sécurité des résidants, même s'ils ont choisi de vivre en campagne. En passant, sur une portion de la rue Cowie, en pleine ville, on peut circuler à 70 km/h. Cherchez l'erreur...

Une municipalité qui demande aux policiers de rapporter de l'argent dans les coffres de la Ville parce que cela fait partie de leurs tâches et que pour les inciter à le faire, on leur imposera des quotas qu'on appelle aussi objectifs de rendement.

Si la Ville de Granby avait vraiment à coeur la sécurité de ses citoyens, elle ferait plus qu'installer des panneaux pour prendre les automobilistes en souricière. Elle multiplierait les panneaux, notamment pour avertir qu'on arrive dans une zone résidentielle et de faire attention aux piétons ou aux enfants.

Mon problème, ce n'est pas le policier. C'est plutôt la Ville de Granby qui cherche à écrémer les conducteurs de façon éhontée en créant des «trappes à tickets». Qu'est-ce qui est le plus important pour l'administration: la sécurité des citoyens ou l'argent? Vous connaissez ma réponse.

 

Roger Lafrance

Granby

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