Délai d'attente à l'urgence de Granby: voir au-delà des statistiques

Année après année, la situation dans les urgences du Québec fait la une des... (Alain Dion, La Voix de l'Est)

Agrandir

Alain Dion, La Voix de l'Est

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
La Voix de l'Est

Année après année, la situation dans les urgences du Québec fait la une des médias. On publie des statistiques qui servent à comparer les établissements entre eux sans plus de réflexion.

Plus tôt cette semaine, on a pu lire que l'urgence de Granby avait le pire délai d'attente au Québec. Une chose est sûre: aucun médecin de la région n'est heureux de ces résultats, car tous ont à coeur de rendre les meilleurs soins et services. La population doit toutefois être rassurée et avoir l'information lui permettant de voir au-delà des statistiques.

Tout d'abord, mentionnons que l'urgence, c'est pour les urgences. Tous les patients qui se présentent avec une problématique de santé mettant leur vie en danger sont vus immédiatement.

Deuxièmement, le délai d'attente à l'urgence pour voir le médecin est de 3,5 heures. Les usagers qui ont des problématiques non prioritaires attendent en moyenne 5,25 heures. On est loin du 21 heures mentionnées dans l'article de mardi dernier. Même si elle n'est pas idéale, cette attente concerne les personnes nécessitant un suivi plus étroit sur civière. Les délais sont calculés dès l'arrivée à l'urgence jusqu'au moment où un congé est donné ou qu'il y ait transfert dans une chambre.

Une fois cela dit, il faut quand même se pencher sur des pistes de solution. La mesure fait partie de notre culture et des moyens pour identifier nos champs d'amélioration. Pour améliorer la situation toutefois, il faut comprendre les raisons qui occasionnent l'attente.

Prenons à titre d'exemple la démographie du territoire. La population de la Haute-Yamaska s'est accrue de 15%, comparativement à 8% en Estrie. Voilà une piste de réflexion à analyser. Quel est le profil des personnes qui visitent l'urgence? Davantage de personnes âgées? Si oui, est-ce que l'offre de services est adaptée à leurs besoins? Tout cela mérite une analyse de fond.

Les médecins du territoire savent qu'il y a place à l'amélioration dans les services et ils y sont engagés activement. Ils ont d'ailleurs fait des pas de géant pour l'accès à un médecin de famille. Dans la grande région de Granby, 80% de la population a un médecin de famille comparativement à 70% au Québec, ce qui est plus qu'enviable. Une proportion de 86% des usagers voient leur médecin traitant lorsque requis, ce qui dénote le suivi rigoureux qui leur est assuré. Uniquement l'an dernier, plus de 2000 patients sans médecin de famille ont été pris en charge par les équipes locales de médecins. Ce n'est pas rien.

En ce moment, médecins, gestionnaires et employés travaillent activement à trouver des solutions à l'attente à l'urgence. Ils vont le faire en s'attaquant aux vraies causes. Reconnaissons cet apport et soutenons-les plutôt dans leur démarche. 

Lyne Cardinal, directrice des services généraux

Dr Michel Camirand, directeur adjoint des services professionnels

CIUSSS de l'Estrie - CHUS

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer