Une bouffée d'air frais à J.-H.-Leclerc...

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La Voix de l'Est

La dernière réunion du conseil d'établissement a permis à des parents, d'anciens et d'actuels élèves du PEI d'exercer un droit fondamental: la liberté d'expression et d'opinion. Un seul but visé: que leurs enfants ou les futures cohortes au PEI à J.-H.-L, puissent vivre concrètement TOUTES les valeurs préconisées par ce programme et pour lesquelles les parents inscrivent souvent leur enfant.

Ce programme est certes exigeant et en même temps stimulant; des élèves du régulier ont pu le constater cette année par leur intégration dans des groupes du PEI. Certains ont apprécié l'expérience de relever des défis dans un climat favorable à l'apprentissage. Le PEI favorise ainsi le développement de profils de l'apprenant qui lui seront fort utiles dans des études supérieures tels que: sensé, chercheur, informé, audacieux, réfléchi, communicatif. Ces profils sont davantage orientés vers le côté académique du PEI.

Ce que les parents et plusieurs élèves constatent depuis environ trois ans, c'est que certains profils semblent absents ou à tout le moins très peu valorisés et vécus durant leur parcours scolaire à J.-H.-Leclerc.

Pourtant, sur le site du baccalauréat international (IB), il est écrit que ce programme «devrait favoriser une large gamme d'aptitudes et de responsabilités humaines qui vont bien au-delà de la réussite scolaire. Ces qualités impliquent de s'engager à aider tous les membres de la communauté scolaire à apprendre à se respecter, à respecter les autres, et à respecter le monde qui les entoure.» Les profils de l'apprenant devraient être plus que des mots à placer dans les travaux au PEI et qui n'ont souvent aucune signification pour les élèves; pourtant ils sont l'essence même du programme!

Au cours des dernières années, j'ai constaté que les valeurs visant à former les élèves à devenir des personnes intègres, altruistes, ouvertes d'esprit et équilibrées ne sont pas une réalité vécue dans notre école. Je suis d'autant plus en mesure de le constater, puisque j'enseigne le programme Éthique et culture religieuse qui, par un ensemble de thématiques, favorise justement la réflexion d'ordre éthique sur nos comportements dans nos relations interpersonnelles et notre implication sociale.

Un récent travail sur la santé mentale a permis de prendre conscience de l'importance de l'équilibre de vie pour une bonne santé mentale, physique et affective; ce qui semble difficile à maintenir au PEI. Sans vouloir niveler vers le bas, il serait peut-être intéressant de s'interroger sur ce qui pourrait améliorer cet aspect du programme. D'autres milieux scolaires le vivent avec succès, malgré les exigences académiques du programme.

Cette année, lorsque j'ai appris que des élèves du régulier seraient intégrés dans des groupes fermés du PEI, j'y ai vu une belle opportunité à vivre concrètement les valeurs d'altruisme et d'ouverture d'esprit, afin de lutter contre le clivage perceptible entre ces deux programmes, souvent fondé par l'ignorance et les préjugés envers l'autre. Des solutions avaient même été trouvées par mes élèves du PEI afin que les élèves du régulier se sentent bien et acceptés. Le travail s'intitulait «l'éthique au quotidien.» Ces solutions auraient ainsi permis de vivre le quatrième profil de l'apprenant: l'intégrité.

Le 3 mai dernier, la présence des parents a été pour moi une réelle une bouffée d'air frais; elle ouvre la voie au dialogue et à la collaboration afin d'améliorer le climat de notre école. Toute la communauté scolaire devrait bénéficier pleinement des bienfaits de ce programme: projet entre le PEI et les autres programmes dont l'adaptation scolaire, projet avec des organismes tels qu'Oxfam, Amnistie internationale, Équiterre et ses projets d'écocitoyenneté, implication du PEI à des projets environnementaux, projet avec les immigrants de notre école et l'organisme Solidarité ethnique régionale de la Yamaska en raison du volet international. Ainsi, si les élèves du PEI aident en francisation, pourquoi les élèves hispanophones de notre école ne pourraient-ils pas aider nos élèves du PEI à apprendre l'espagnol?

De plus, le PEI devrait dès l'an prochain apporter sa contribution au magnifique projet développé par deux élèves cette année. En effet, Jade Archambault et Zoyanne Côté ont contribué de manière courageuse et assidue à l'émergence de J.H.L. communauté. Ce projet a donné lieu à une réelle implication de nos élèves dans la communauté granbyenne.

Je ne regretterai jamais d'avoir été fidèle aux valeurs que j'enseigne et défends par le biais de ma discipline scolaire, même si cela bouscule des mentalités. Je souhaitais juste que nos élèves vivent les valeurs dont je vois la magnifique éclosion lors des voyages humanitaires. Depuis les quatre dernières années, j'ai proposé des solutions et des projets afin que les élèves vivent les valeurs à caractère plus humanistes du PEI. Je remercie sincèrement une de mes collègues des services aux élèves qui m'a proposé de lâcher prise et qui m'a lancé l'idée du réseautage des parents. Plusieurs d'entre eux avaient déjà tenté de faire changer les choses... sans succès.

Un de mes collègues me répète souvent: «seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin...»

Merci aux parents qui sont sortis de l'ombre, qui n'ont pas eu peur afin que nos jeunes du PEI soient pleinement heureux et ne veulent plus quitter pendant leur parcours à J.H.L.

Pour ma part, je quitte le PEI après y avoir enseigné depuis les débuts. Je quitte avec la tête haute et le coeur rempli d'espoir pour l'avenir de nos jeunes... 

Claire Bergeron, enseignante en éthique et culture religieuse

Granby

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