Réflexions

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Internet, le numérique et tous les bidules à écran qui y sont associés s'insinuent dans notre quotidien pour rapidement devenir une dépendance.

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La Voix de l'Est

Nous traversons la vie en nous émerveillant de sa richesse et de ses splendeurs. Parfois, nous nous inquiétons des changements qui surgissent et que nous ne comprenons pas ou peu. Cette vie qui nous éblouit est aussi faite de complexité. Lorsque nous atteignons un âge vénérable, nous avons tendance à nous plaindre des changements que l'ingéniosité humaine met en place pour censément nous faciliter la vie.

Internet, le numérique et tous les bidules à écran qui y sont associés s'insinuent dans notre quotidien pour rapidement devenir une dépendance. À ce jour, peu de gens ont questionné nos habitudes bidules. Il faudra un jour évaluer l'impact sociologique des Facebook, Twitter et Instagram de notre monde. Orwell (1984) et Huxley (Le Meilleur des mondes) auraient certainement interpellé notre folie des nouveaux médias. Espérons que quelqu'un le fasse un jour.

Critiquer l'utilisation galopante de ces médias me vaudra sans doute une place chez les réactionnaires et autres empêcheurs de tourner en rond. Je crois, cependant, qu'il faut nous interroger sur notre dépendance à nos Iphone, Ipad et autres jouets avec localisateur.

Nous vivons une époque de déresponsabilisation qui nous permet d'écrire des nullités, des insignifiances et autres conneries pour prétendre que nous existons, que nous avons des amis, que nous avons des opinions. Nos bidules sont devenus notre religion, mais une religion faisant fi des responsabilités, du bien et du mal, de la souffrance d'autrui. Tout se règle dans l'instant de notre réaction. La futilité porte de nouveaux noms: selfie, blogue, liberté d'expression, etc.

L'époque lointaine de ma formation scolaire nous permettait d'apprendre l'analyse, la réflexion. Analyse et réflexion sont devenues nos dinosaures. Nous les enfouissons sous toutes ces choses inutiles qui transitent sur nos écrans.

Aujourd'hui, la consultation se fait du bout des doigts, elle dure le moment de l'écran et notre attention se déplace sur l'autre écran. La réponse à cette consultation est presque toujours émotive. Elle s'exprime souvent dans le mépris, l'intimidation et presque toujours dans un mauvais français. Lorsque j'entends la langue de trop de nos artistes, je m'inquiète du mal que font à notre langue les réseaux dits sociaux.

La tablette, l'ordi, le téléphone intelligent nous offrent un accès presque illimité à la connaissance, à la découverte. Préparer un voyage sur le web devient un exercice stimulant. Malheureusement, les mêmes outils ouvrent les portes de toutes les perversions humaines. Les arcades et dédales de ce labyrinthe technologique cachent les côtés sombres de la perversité humaine. Trop de jeunes y découvrent la sexualité dans ses côtés décadents. Une preuve d'amour devient le dénudement devant une webcam. Cette webcam se transforme en outil de chantage lorsque la relation amoureuse s'effrite.

La conversation devient texto, l'ami virtuel, la vérité numérique. Les journaux agonisent lentement, le livre se cherche des lecteurs. Rares sont les usagers de nos dispendieux bidules qui s'arrêtent pour chercher dans les méandres du web le sens d'un mot, la véracité d'une rumeur. Combien d'entre nous ont profité de ces outils pour connaître Palmyre lorsque les fous de l'Islam ont tenté de détruire ce joyau?

L'école n'enseigne pas encore que ce formidable outil s'éloigne à la vitesse grand V de ce pour quoi il a été conçu. Notre aveuglement devant l'usage futile que nous faisons de cet outil de connaissance mènera sans doute à la fragilisation de notre culture et de notre habilité à exercer notre jugement. Il existe heureusement des gens qui s'inquiètent et cherchent des façons d'utiliser cette nouvelle voie pour qu'elle demeure un outil de croissance et non pas un asservissement psychologique. Edupax (edupax.org) s'attaque à ce phénomène. Malheureusement, comme tout prophète en son pays, il n'a pas la cote au Québec. Nos cousins français lui prêtent cependant une grande attention et il visite assidument les écoles françaises pour proposer des solutions aux dangers de la dépendance.

L'école, les adultes, les parents doivent s'unir pour redonner à cet outil exceptionnel ses lettres de noblesse. Nous permettrons ainsi d'offrir à l'esprit de nos enfants et au nôtre une opportunité de croissance et d'épanouissement. Nous devons veiller au grain, car les civilisations à travers les âges ont toujours déifié la nouveauté pour trop tard découvrir que le nouveau Dieu est souvent esclavagiste.

Je suis malheureusement pessimiste face à ce tsunami technologique qui nous submerge. Espérons que nous conserverons de vrais amis, le goût d'échanger, de lire et de découvrir ce que nous offre la vie ailleurs que sur un écran.

 

Gilles Guay

Bromont

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