Objectif: vivre ensemble (1re partie)

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La Voix de l'Est

La précision des mots est essentielle pour bien comprendre toutes les réalités dans lesquelles nous vivons. Cette précision est nécessaire et inévitable dans tous les domaines: une recette culinaire, un moteur automobile, une opération chirurgicale ou un comportement humain.

Pour bien comprendre les grands mouvements sociaux, il faut nous approprier le vocabulaire qui permet de bien distinguer les particularités de chacun. Ces mouvements sociaux s'imposent généralement de façon très graduelle. Il arrive assez souvent que des événements souvent imprévus fassent jaillir involontairement une foule de mots qui ont des significations très spécifiques et que nous utilisons pêle-mêle pour décrire des réalités sociologiques extrêmement complexes et différentes.

Des mots comme«éducation ou instruction», «intégration ou assimilation», «multiculturalisme ou communautarisme» font partie de cette problématique. Ces mots ont un lien avec le vivre ensemble. Or, nous le savons, l'institution dont la fonction première est justement d'apprendre à vivre ensemble, c'est l'école primaire et secondaire. À titre de citoyens, nous avons le devoir de définir le genre de société dans laquelle nous voulons faire vivre nos enfants pour ensuite, être en mesure de définir la mission de nos écoles.

Les caractéristiques des écoles sont nombreuses et très différentes. Devant cet état de fait, les parents se posent beaucoup de questions: Dans quelle école ira leur fille ou leur garçon de 6 ans ou de 12 ans? Ont-ils vraiment l'embarras du choix ou sont-ils limités dans leurs choix? Est-ce que tous les enfants du Québec ont des chances égales de fréquenter l'école de leur choix? Toutes les écoles répondent-elles pleinement aux attentes des parents et aux besoins des enfants? À travers toutes leurs différences, les écoles primaires et secondaires que fréquentent les enfants sont-elles fidèles à leurs missions fondamentales, c'est-à-dire poursuivent-elles vraiment l'éducation aux grandes valeurs sociales, l'intégration à la réalité cosmopolite et pluraliste de la société, l'ouverture et l'accueil de l'autre?

Il est vrai que les écoles sont très différentes, mais cette multitude de particularités ne rendrait-elle pas difficile et même très difficile la réalisation du grand «projet éducatif» du «vivre ensemble» ? Il est à se demander si ces particularités ne placeraient pas parfois les enfants dans une forme de communautarisme: des espèces de ghettos soit socio-économiques, soit culturels, soit confessionnels. Nous n'avons qu'à faire la liste des différentes écoles présentes au Québec pour démontrer qu'une telle embûche est bien présente ou est en voie de se concrétiser et que, dans la volonté plus ou moins affirmée des gouvernements de donner plus d'autonomie aux écoles primaires et secondaires, se cache cette orientation du multiculturalisme ou du communautarisme si populaire aux États-Unis. Or, à court terme ou à moyen terme, si cette orientation s'amplifiait, elle risquerait d'ébranler sérieusement la cohésion sociale dont rêve toute société y compris la société québécoise. (La deuxième partie de cette lettre illustre la situation scolaire qui prévaut actuellement au Québec.)

 

André Beauregard

Shefford

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