Les « villages gaulois » plus nombreux que l'on croit

Extrait du film Astérix: Le Domaine des dieux... (Archives La Presse)

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Extrait du film Astérix: Le Domaine des dieux

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La Voix de l'Est

Qui ne connaît les fameux personnages Astérix et Obélix vivant dans un petit village de la Gaule conquise par les Romains au cours du siècle précédant l'ère chrétienne? Quand un coin de pays isolé et refermé sur lui-même retarde à évoluer et se fait remarquer par son immobilisme, on le qualifie de «profond» ou mieux encore, on lui attribue le titre de «village gaulois».

En général, à moins de faire preuve d'ignorance, personne n'aime recevoir cet attribut de la part d'analystes politiques chevronnés. Si nous entrons dans un coin de pays où une concentration de citoyens croient encore à des idées datant du moyen-âge concernant la cosmologie, les superstitions religieuses, la création du monde, le réchauffement de la planète ou les mariages gais, il est clair que nous venons d'entrer dans un «village gaulois».

Aucun député ni aucun maire ne se vanteront d'avoir construit pierre par pierre ou d'avoir transformé son comté ou sa municipalité en «village gaulois». Ce serait probablement la pire évaluation qu'il pourrait faire de son travail politique et la pire insulte qu'il pourrait faire à son électorat.

Ce serait affirmer que, durant toutes ses années passées à titre d'élu, il a tenu sa population à distance des grands changements politiques, économiques et sociaux qui ont transformé le monde; qu'il a enfermé sa population sous une chape de plomb loin des bouillonnements culturels; qu'il a maintenu l'ensemble de la population dans une situation économique pitoyable; qu'il a maintenu la scolarité de sa population à un niveau inférieur à celui que l'on retrouve dans les grands centres; qu'il a encouragé sa population à refuser de s'adapter à un monde cosmopolite et pluraliste.

Et pourtant, un peu partout dans le monde, nous retrouvons des coins de pays qui cautionnent fermement des théories aberrantes sur à peu près tous les grands sujets qui touchent la société, la culture, les sciences, l'économie, la politique. Or, ces théories sont soutenues par une multitude de clics réducteurs semés à tout vent par certains politiciens populistes.

De leur côté, les médias poubelles se font un immense plaisir de polluer l'atmosphère par des affirmations simplistes, des propos radicaux et des solutions qui ne sont étayées par aucune analyse, aucune étude, aucun document. Les grosses farces et les gros calembours tiennent lieu d'arguments. Bien sûr, suite à ces descriptions, nous sommes portés à identifier les Sarah Palin et les Marine Le Pen qui vivent ailleurs dans le monde, mais, ne serait-il pas pertinent de jeter un regard dans notre propre cour, ici au Québec?

On se demande parfois pourquoi il y a tant de détresse et pourquoi l'avenir semble si désespérant. Il ne faut pas se questionner longtemps: nous avons les politiciens que nous avons élus et rien d'autre. Si nous ne voulons pas vivre dans un «village gaulois», ne faudrait-il pas questionner sérieusement les critères qui ont motivé nos choix politiques?

 

André Beauregard, Shefford

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