Être en colère... pour ne pas dire un gros mot

L'auteure, Sophie Labrie du CALACS de Granby... (Julie Catudal, archives La Voix de l'Est)

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L'auteure, Sophie Labrie du CALACS de Granby

Julie Catudal, archives La Voix de l'Est

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La Voix de l'Est

Tout le monde a suivi le procès de ce Ghome-chose. Tout le monde a eu son opinion sur ce que les médias ont relayé tour à tour au sujet des victimes. Elles ont été dépeintes comme des pas fines, des menteuses, des folles, des ci, des ça. Tout y est passé.

Mais dans le fin fond, qui s'est demandé pourquoi ces femmes ont décidé de porter plainte? Parce que, posons-nous la question, qui voudrait aller sur la place publique se faire détruire de la sorte si les agressions n'étaient pas réelles? Personne.

Ces femmes ont pris leur courage à deux mains pour essayer que justice soit rendue. Malgré le fait qu'en 2014, selon Statistique Canada, en proportion, à peine 3 petits cas sur 1000 ont mené à une condamnation en matière d'agression sexuelle. (1814 accusations sur 633 000 déclarées)

3 sur 1000. Quand tu regardes ce chiffre, y'a de quoi déprimer.

3 sur 1000. Quand tu regardes ce chiffre, y'a de quoi se questionner.

3 sur 1000. Quand tu regardes ce chiffre, y'a de quoi être en colère.

Est-ce que ça veut donc dire que les 997 autres victimes étaient toutes des pas fines, des menteuses, des folles à lier? NON, ça ne fait juste pas de sens, point.

3 sur 1000, ça veut dire que le système judiciaire est INADÉQUAT, point.

La violence sexuelle est une problématique complexe qui ne peut être traitée comme on traite une cause de vol de plus de 5000 $.

La violence sexuelle est une problématique de société et c'est à nous, comme société, d'arrêter de la tolérer.

On a le droit d'être en colère et de le dire haut et fort. On a le droit de dire à ceux et celles qui jugent sévèrement les victimes de se la fermer. On a le droit de leur dire d'aller faire leurs devoirs et de s'informer sur ce que c'est vraiment la violence sexuelle, sur les conséquences que ça laisse.

Quand on sait qu'à peine une victime d'agression sexuelle sur dix dénonce à la police, il me semble que celles qui le font devraient mériter tout notre respect et notre support. Personne ne mérite de se faire massacrer publiquement, comme les victimes de Ghome-chose ont été traitées. Personne.

Honte au système judiciaire, honte aux médias sensationnalistes, honte aux agresseurs et honte à tous ceux qui perpétuent les préjugés face aux victimes d'agressions sexuelles.

Même si le juge Horkins a dit que: «l'acquittement ne signifiait pas pour autant que les événements en question ne se sont jamais produits», ce qui nous reste en travers de la gorge, c'est qu'encore une fois, un agresseur est acquitté. Y'a de quoi être en... colère.

Le CALACS de Granby tient à dire aux victimes, #NousOnVousCroit.

 

Sophie Labrie, pour le CALACS de Granby

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