Il suffirait de si peu

Infirmier dans son jeune temps, mon père considère... (123RF)

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Infirmier dans son jeune temps, mon père considère encore le métier de soignant comme une vocation et se désole de trouver si peu de compassion dans une situation comme la sienne.

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La Voix de l'Est

Hospitalisé depuis 5 mois à Saint-Hyacinthe, mon père a récemment été transféré en soins prolongés sans aucun préavis. Le choc est grand à 85 ans de changer de milieu, de soignants et d'habitudes, déjà qu'il tente avec difficulté de faire le deuil de ne plus pouvoir retourner vivre chez lui.

Il cherche en vain un visage souriant et compatissant pour lui offrir un peu de chaleur et de réconfort, mais il n'en trouve pas. Se sentant découragé et perdu, il téléphone à ma mère pour lui crier sa détresse, ce qui la bouleverse grandement aussi, déjà fragilisée par tous les récents changements dans leur rythme de vie.

Infirmier dans son jeune temps, mon père considère encore le métier de soignant comme une vocation et se désole de trouver si peu de compassion dans ce genre de situation. C'est en effet extrêmement malheureux et se produit bien plus souvent qu'on ne pense.

Il est de la destinée de l'être humain de vieillir, de perdre des capacités, de dépendre d'autres êtres humains pour ses besoins quotidiens et c'est le chemin que nous emprunterons tous... si nous ne mourons pas avant. Cela veut-il dire qu'une personne âgée ne ressent plus rien, qu'elle n'a plus de sentiments et d'émotions et qu'on doive la traiter sans considération?

Le système de la santé est expéditif, nous le savons tous. Mais comme soignants d'une vocation où la fondation même du métier est l'empathie, il importe de prendre conscience que ce sont bien souvent de toutes petites choses qui peuvent faire une différence; un regard bienveillant, une main tendue, un sourire sincère, un toucher réconfortant ou une parole rassurante... et qui ont réellement ce pouvoir de transformer ces expériences exigeantes pour la personne dépendante et de mettre un baume sur le coeur. Il suffit de si peu...

 

Hélène Giroux, accompagnatrice de fin de vie

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