20 460$ de légumes

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L'auteur, Denny O'Breham

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La Voix de l'Est

Le 7 mars dernier, le conseil de la ville de Granby a octroyé une subvention de 20 460$ pour la gestion des jardins collectifs par la Ferme Héritage Miner pour l'année 2016. La décision a été prise en 15 secondes: proposé... secondé... accordé; prochain point...

Pour s'occuper des 6 jardins collectifs de la ville pour une saison (bêcher, semer, désherber, récolter, etc.), il y a environ 200-250 heures d'ouvrage. Engager quelqu'un à 20$/h, on parle d'un montant maximal de 5000$ pour une année. Mais tout ce travail est fait par des bénévoles. Le 20 460$ sert seulement à «gérer» les jardins. À quoi sert cet argent? 20 000$, c'est le travail d'une personne à temps plein pendant 6 mois. Y a-t-il vraiment autant de travail à faire pour la gestion de ces quelques mètres carrés de terre?

Une fois encore, la Ferme Héritage Miner est derrière tout ça. Pour financer cet éléphant blanc qui devait s'autofinancer après avoir reçu des subventions totales qui dépassent le million de dollars, on trouve des façons détournées de soutirer encore de l'argent aux contribuables.

La majorité des jardins collectifs sont entretenus par des usagers du Partage Notre-Dame et des cuisines collectives, ainsi que par des locataires de l'Office municipal d'habitation. Sur le site de la Ferme Héritage Miner, on peut lire:

«Cette activité éducative et enrichissante favorise l'empowerment chez les usagers de la soupe populaire du Partage Notre-Dame. En effet, ils deviennent ainsi des acteurs de changement dans la communauté et apportent leur propre contribution à la soupe populaire. De cette façon, ils peuvent, eux aussi, "donner au suivant".»

Pensez-y: on aurait pu payer les usagers 20$/h pour faire le travail (quoi de mieux qu'un travail rémunéré pour se sentir utile?) et cela nous coûterait moins cher que de payer leur «superviseur». Avec les 15 000$ qui restent, on peut acheter 15 tonnes de patates, soit plus de légumes pour le partage Notre-Dame et les cuisines collectives que jamais ces jardins ne pourront fournir.

J'ai plus l'impression que le «suivant» qui reçoit dans cette histoire, c'est la Ferme Héritage Miner.

Je fais une parenthèse en faisant le parallèle avec cette merveilleuse organisation qu'est la Société d'horticulture de Granby (SHG, http://horticulturegranby.ca) qui promeut l'horticulture pour faire une beauté à la municipalité en fleurissant nos propriétés. Ils ont de magnifiques jardins au Mont-Sacré-Coeur qui sont accessibles au public; allez les visiter, ça vaut la peine. Alors que cet organisme existe depuis des décennies et tous peuvent devenir membres, jamais il n'a demandé de subvention, et ce, malgré que ses membres aient déjà contribué à l'aménagement floral de certains parcs de la ville. Fin de la parenthèse.

Tous les conseillers auraient dû réagir à cette proposition, tellement elle est insensée. Mais ce qui me dérange encore plus, c'est que j'ai maintenant ma «femme» sur le conseil: Denyse Tremblay. Pas un vote contre, même pas un questionnement. Pourtant elle connaît bien la SHG et sa présidente dévouée. Il y a de ça quelques années, Mme Tremblay et moi avions déjà fait la comparaison entre ces jardins financés par la Ville et ceux de la SHG pour démontrer le gaspillage éhonté des fonds publics. Je sais aussi que Mme Tremblay organise elle-même des réunions à saveur culturelle et - j'en suis certain - on ne parle pas de montant de 20 000$ pour les réaliser. Comment peut-elle accepter une telle dépense sans broncher?

Mme Tremblay, je sais que c'était votre première séance, mais ne vous laissez pas intimider et n'oubliez pas votre «gros bon sens» dont vous avez toujours su faire preuve par le passé.

 

Denny O'Breham

Granby

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