Bref regard sur Pâques de l'an « 5016 »

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
La Voix de l'Est

Dans ces jours qui suivent le décès du père Benoît Lacroix, rendons hommage à ce géant de l'humanisme chrétien et rappelons-nous aussi le cheminement de M. le curé Raymond Gravel qui, tous les deux, ont emprunté les routes de l'accueil et de l'ouverture aux avancées sociales.

L'Église catholique dont les courants de droite dominent grandement le champ de pensée favorise encore obstinément certaines interprétations de la tradition qui scandalisent bon nombre de nos contemporains et contemporaines. Deux mille ans après son passage sur terre, l'homme de Nazareth ne devrait-il pas encore répéter que «le sabbat a été fait pour l'homme et non pas l'homme pour le sabbat» (Marc 2,27)? Mais dans trois mille ans (ouf, c'est loin!), certaines idées radicalement rejetées aujourd'hui seront-elles enfin accueillies par l'Église catholique, surtout celles qui font face à des positions conservatrices verrouillées à double tour? Pour illustrer ce possible virage, voici une petite histoire fictive qui pourrait concrétiser l'annonce supposément faite par un certain pape Jean-François III en ce dimanche de Pâques 5016 et retrouvée dans le journal officiel du Vatican:

«Hier à Rome, le pape Jean-François III a réitéré sa volonté d'accepter les conclusions scientifiques concernant les rôles attribués aux hommes et aux femmes dans la société humaine. Par sa déclaration, il reconnaît que le sexe biologique d'un individu ne détermine aucunement le rôle social d'une personne. Selon ses propos, «persister à estimer que la biologie (c'est-à-dire la loi naturelle) conditionne les rôles sociaux revenait à commettre la même erreur qu'au procès de Galilée. En effet, jusqu'au 22e siècle, cette croyance était très populaire dans l'Église, mais elle était déjà contestée dans le monde occidental. Par ces propos, le pape Jean-François III admet ouvertement la fausseté de cette croyance. Pour le pape, affirmer que les émotions, les talents et le comportement des hommes et des femmes soient tributaires de leur biologie ou de «l'ordre naturel» se révèle tout aussi problématique que d'affirmer que le Soleil tourne autour de la Terre. Après 3000 ans d'études et d'évaluation des travaux scientifiques provenant des diverses sociétés depuis le 21e siècle, l'Église catholique reconnaît son erreur. C'est pourquoi, dès 5017, elle ouvrira la porte à l'ordination des femmes.»

En cette période de préparation à la fête de Pâques 2016, il est à espérer que l'Église catholique n'attende pas 3000 ans pour opérer certaines transformations. Force est de constater que, sur le plan éthique, lorsqu'il est question d'accueillir les différences, elle est nettement dépassée par la société et que, face aux sociétés occidentales, il lui est de plus en plus difficile de se présenter comme«la lumière du monde et le sel de la terre» (Matthieu 5, 13-16). Il est évident que si elle renouait courageusement avec la liberté et l'amour, les deux routes qui ont conduit Jésus de Nazareth à la mort, l'Église pourrait espérer redevenir signifiante et pertinente pour le monde d'aujourd'hui.

André Beauregard, Shefford

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer