Gala funéraire ?

Le Gala du cinéma sera, si rien n'est... (archives La Presse)

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Le Gala du cinéma sera, si rien n'est fait ou dit pour contrer cet état de choses, sera bel et bien les funérailles symboliques de Claude Jutra.

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La Voix de l'Est

Le Gala du cinéma prévu pour le 20 mars sera-t-il un Gala funéraire pour officialiser la mort artistique de Claude Jutra? La question se pose à la suite de la déferlante anti Jutra qui a suivi le témoignage de Jean et de Bernard Dansereau en tant que victimes de sa pédophilie.

En effet, en peu de temps, dû à un mélange toxique de douleur et de colère, la ministre de la Culture, Hélène David, Québec-Cinéma, le maire Coderre, pour ne nommer que ceux-là, ont donné le ton à la vindicte publique en proclamant que son nom est à rayer de la carte. Ce faisant, ils se sont faits les commanditaires de l'assassinat de la mémoire de Claude Jutra. En conséquence, le Gala du cinéma, en remplacement du Gala des prix Jutra, sera, si rien n'est fait ou dit pour contrer cet état de choses, bel et bien ses funérailles symboliques.

Puisque nous sommes maintenant dans une sorte d'ES (État symbolique) il y a peu de chance que son nom soit même prononcé à ce Gala, compte tenu que ceux et celles qui, depuis le début de cette affaire ont invité à la réflexion plutôt qu'au réflexe ont été publiquement conspués. En effet, il a fait bon au Québec dans les dernières semaines de crier, par médias interposés, que la modération a bien mauvais goût!

Malgré ce climat de pureté et de radicalisme au plan de la symbolique prôné par ce nouvel ES au Québec, à ce Gala, j'ose l'espérer, Pénélope McQuade, comme animatrice, aura-t-elle l'autorisation et/ou le courage d'annoncer dès l'ouverture, à titre d'exemple, ceci: ce soir, nous célébrons notre cinéma sans Claude Jutra parce que nous avons besoin de réfléchir pour déterminer, à la suite des tristes dommages qu'il a causés à deux de nos enfants, de quelle façon préserver sa mémoire, en particulier en tant que créateur, tout en l'aidant de façon posthume à réparer et à aider à prévenir d'autres abominations du même genre commises à l'endroit des enfants?

Voilà, à mon avis, la condition préalable pour faire de ce Gala une authentique célébration festive, donc par le refus proclamé haut et fort par son milieu de réduire tout homme à son vice ou à sa maladie. L'enjeu étant, au premier chef, une question de dignité et une question d'espoir en notre humaine condition!

 

Denis Forcier, Shefford

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