La vérité sur le «pot»

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La Voix de l'Est

En réponse à l'opinion de Céline Massé de Granby relativement à la richesse naturelle à exploiter que serait le cannabis.

Je ne connais pas les qualifications de Mme Massé qui lui permet d'avancer que le chanvre est une ressource naturelle qui ne peut qu'apporter des bienfaits.

Il y a une première distinction à effectuer entre le chanvre qui peut être utilisé dans le vêtement et la construction et celui qui produit du THC, la substance psychoactive. Le premier ne comporte que 0,3 % de THC, alors que le deuxième peut en contenir de 5 à 25 %.

Relativement à l'effet thérapeutique de la marijuana, elle a été démontrée efficace dans le traitement de la nausée, de la douleur chronique, du glaucome et dans le soulagement des symptômes de la sclérose en plaque. Pris en forte dose, le THC produit les effets psychiques et émotifs indésirables qui contreviennent à l'effet thérapeutique. L'avenue médicale qui est proposée est de recourir aux cannabinoïdes synthétiques à faible dose et de diminuer la quantité d'opioïdes dans le traitement de la douleur. Ceci étant dit, il a été démontré scientifiquement que l'usage à long terme du THC comporte les effets indésirables suivant: des déficits neurocognitifs, le déclenchement de psychose et de diverses affections respiratoires. La marijuana n'est pas une substance innocente.

Il est vrai que beaucoup de consommateurs utilisent le «pot» pour s'endormir, diminuer leur anxiété ou pour réguler leurs humeurs. Mme Massé avance que cette utilisation est préférable aux médicaments d'ordonnance. Il est vrai que la marijuana peut occasionner moins d'effets indésirables que nombre de médicaments. Toutefois, lorsque notre état ne nécessite pas de recourir à un traitement pharmaceutique, l'emploi régulier d'une substance pour obtenir un certain bienfait retire l'habileté naturelle à s'endormir, à cultiver des habiletés pour faire face à ses peurs et à développer des forces pour composer avec la réalité. Faire disparaître les symptômes n'est pas s'attaquer au vrai problème...

Lorsqu'une personne est atteinte d'un trouble de santé mentale, le recours à la marijuana est contre indiqué. Le THC est un perturbateur du système nerveux central. À quelle réaction pouvons-nous nous attendre en utilisant un perturbateur chez une personne qui est déjà perturbée dans son fonctionnement?

Il ne reste donc que l'euphorie à la marijuana. Si le recours à cette substance est comparable à un usage récréatif d'alcool ou d'un repas préféré, alors cet usage ne pose pas de problème. Dans le cas contraire, il y aura des difficultés reliées à sa consommation. Ce n'est qu'une question de temps.

Légalisée ou pas, la marijuana n'est pas une panacée. Si nous avons besoin que notre vie soit teintée de rose, alors développons la joie, apprenons à accepter la réalité telle qu'elle est (elle est parfois tendre et douce et parfois dure, voire cruelle), récupérons de nos blessures affectives et rions beaucoup. On peut, à petits prix, louer des spectacles d'humour et des films comiques. Leur effet dure plus longtemps qu'un joint. Pour d'autres, des massages thérapeutiques feront l'affaire.

 

René Gagnon, directeur

Centre d'entraide La boussole Inc.

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