En cette Journée de la femme

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La Voix de l'Est

Savez-vous que c'est en 1975, lors de l'Année internationale de la femme que l'Organisation des Nations Unies a commencé à célébrer la Journée internationale des femmes le 8 mars? La Journée internationale des femmes est apparue dans le contexte des mouvements sociaux au tournant du XXe siècle en Amérique du Nord et en Europe.

Aujourd'hui, cette journée est célébrée dans de nombreux pays à travers le monde. Le thème de l'ONU retenu pour le 8 mars 2016 est: «La parité en 2030: avancer plus vite vers l'égalité des sexes!»

Certains diront que l'égalité entre les femmes et les hommes est chose faite au Québec. C'est vrai qu'il y a eu des gains: les Canadiennes ont eu le droit de vote en 1918 et les Québécoises en 1940, elles ont été les dernières à obtenir ce droit dans leur province. C'est en 1975 que la Charte des droits et libertés de la personne interdit officiellement, pour la première fois, toute forme de discrimination fondée sur le sexe. Ceci confère aux Québécoises l'égalité de droit. Mais qu'en est-il de l'égalité de fait?

Lise Payette, dans l'introduction du Manifeste des femmes (2015) rappelle ceci: «Les femmes, à travers leurs longues luttes en vue d'obtenir des droits qui leur étaient refusés, n'ont jamais envisagé d'enlever des droits aux hommes. Aujourd'hui encore, ce n'est pas ce que nous souhaitons. Ce que nous souhaitons, cependant, c'est d'atteindre une égalité réelle entre les hommes et les femmes.» La nouvelle ministre québécoise de la Condition féminine, Lise Thériault, qui se définit davantage comme égalitariste que féministe, déclare ceci: «Hommes et femmes doivent travailler vers un but commun: l'égalité de fait.»

Quels sont les principaux domaines où l'égalité reste à faire? Tout d'abord, c'est au niveau du pouvoir politique: il y a trop peu de femmes élues ou nommées à des postes décisionnels. Vient ensuite le pouvoir économique: alors que 75 % des Québécoises s'activent sur le marché du travail salarié, l'écart salarial entre les femmes et les hommes demeure environ de 30 %. Finalement, les rapports sociaux inégalitaires mènent, entre autres, aux publicités sexistes, à la pornographie, au harcèlement sexuel, aux violences sexuelles... Pensons aussi aux femmes autochtones qui vivent de 5 à 10 ans de moins que les autres Québécoises et dans de bien pires conditions.

Regardons ce qui se passe ici, à Granby. Les élections partielles de décembre 2015 et de janvier 2016 nous ont donné deux femmes au conseil municipal. Depuis que les femmes peuvent être élues, ce nombre de deux n'a jamais été dépassé; on est loin de la parité. On constate le même ratio au niveau du personnel de direction à la Ville de Granby. Faut-il s'en préoccuper? Oh oui! Alors que la Ville de Granby veut refaire son image pour être plus attirante pour les touristes et les citoyens, il est dommage de constater que le «laboratoire d'élus et de fonctionnaires» affecté à ce projet est composé de sept hommes. Aucune vision féminine pour l'avenir de Granby? Nous souhaitons qu'il y ait consultation publique; de plus, comme des femmes ont été récemment élues, il serait approprié d'adjoindre une conseillère à ce comité. Pour votre information, il y a 52 % de femmes et 48 % d'hommes à Granby.

Pour celles et ceux qui se demandaient si l'égalité était atteinte au Québec, je crois que vous avez matière à réflexion. La Journée internationale de la femme est l'occasion de dresser le bilan des progrès réalisés, d'appeler à des changements. Depuis bientôt 50 ans, l'Association féminine d'éducation et d'action sociale (Aféas) milite pour l'égalité femme/homme et elle défend les intérêts des femmes auprès des instances décisionnelles. En 2015, nos démarches auprès du conseil municipal ont amené celui-ci à étudier ce dossier et à promettre de rédiger, en 2016, une politique d'égalité ainsi que le plan d'action pour son application. Nous en reparlerons en 2017.

Bonne Journée internationale de la femme 2016! 

Céline Duval, présidente Aféas Granby

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