L'antiféminisme de Mme Thériault

La ministre Lise Thériault.... (archives La Presse Canadienne)

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La ministre Lise Thériault.

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La Voix de l'Est

Mme Lise Thériault à titre de membre du parti de Philippe Couillard peut-elle être féministe et comprendre en quoi consiste le féminisme? La réponse est simple, c'est non et il n'y a aucune surprise.

Par une acrobatie ridicule qui illustre sa totale incompréhension du féminisme, elle se dit égalitaire plutôt que féministe. Il faudrait que Mme Thériault enlève ses oeillères ou arrête de se regarder le nombril et qu'elle se rappelle que ce qui a permis aux femmes de prendre une place de plus en plus égalitaire au sein de la société est dû entièrement au mouvement féministe, c'est-à-dire à la solidarité des femmes qui ont osé militer contre vents et marées (Église et État).

Un peu de lecture sur les nombreux rapports décrivant les nombreuses situations de discrimination et d'inégalité vécues en 2016 par les femmes québécoises pourrait lui permettre de comprendre que l'évolution et les changements grandement attendus ne seront possibles que par l'appui de ce mouvement d'action populaire et collective. Il faudrait lui rappeler aussi que le bon vieux principe qui a fait ses preuves depuis la nuit des temps - «l'union fait la force» - est toujours la seule stratégie efficace pour faire avancer les choses.

Il faudrait lui rappeler que les politiques néolibérales ont accordé 4 milliards $ aux emplois occupés par les hommes et coupé 3 milliards aux emplois occupés par les femmes. Mme Thériault peut-elle dormir en paix et continuer à encourager les femmes à se battre individuellement contre un écart de 7 milliards en leur défaveur? Les coupures de ce gouvernement dans les services publics ont touché directement et majoritairement les postes occupés par les femmes. Et suite aux augmentations de coûts pour les places en garderie, augmentations qui vont forcer un nombre important de femmes à laisser leur emploi, Mme Thériault va-t-elle continuer à leur dire: «let's go, vas-y», pour aller où?

Les femmes québécoises, migrantes, autochtones sont l'objet de grandes discriminations au Québec et au Canada. Ça s'observe en politique, en administration, au travail et au niveau de la rémunération. Les chiffres sont là pour le prouver et la réalité est tout simplement impossible à regarder passivement. Est-ce que la réalité en 2016 est si différente de celle vécue en 1970? Et quel avenir auront les femmes de demain si nous baissons les bras devant autant d'injustice et d'iniquité. Mais la tactique néolibérale de Mme Thériault est facilement reconnaissable: mépriser la solidarité féministe qui a accompli des exploits formidables dans le passé et qui, actuellement par son influence, empêche les femmes de perdre leurs petits acquis.

Au cours de l'année, nous pensons aux femmes non pas durant 365 jours, mais durant une seule journée: le 8 mars, journée de la femme. Probablement que la ministre fera des discours qui ne feront qu'accentuer le caractère insidieux de son apathie devant autant de discrimination et d'inégalités. Parce qu'en refusant d'appuyer ouvertement les femmes dans leur solidarité féministe, elle démontre son peu d'enthousiasme pour de véritables changements dans la condition des femmes, objet principal de son ministère. Et la force d'inertie de son ministère viendra de la faiblesse du mouvement féministe. Nous pouvons bien regarder de haut la situation des femmes dans les pays du Moyen-Orient et du Proche-Orient, mais ici-même au Québec, les femmes ont encore beaucoup de croûtes à manger pour sortir de l'exclusion sociale, économique et politique. 

André Beauregard, Shefford

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