L'austérité: guerre des classes sociales

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La Voix de l'Est

L'austérité est une guerre des classes sociales. Je rejoins par ces paroles le fameux Noam Chomsky qui a su mettre en évidence cette désastreuse équation qui, non seulement définit la situation que nous traversons actuellement au Québec, mais aussi nous incite à réagir, à dénoncer et à crier fort qu'on est contre l'application de cette stratégie d'enfer. L'austérité pour les peuples + l'avidité pour les élites = la crise.

Le message est pourtant clair que M. le premier ministre - pour qui nous avons voté et à qui on a fait confiance pour un avenir meilleur - nous propose d'expulser les gens de leur maison, de paralyser les services sociaux, de rendre l'école publique incapable de donner un service qui répond aux attentes de la société. M. Couillard nous explique en appliquant ses mesures que le Québec n'est plus souverain ni maître de son destin, mais rendu une colonie entre les mains des prédateurs et des appareils du capital financier.

La situation est un peu plus compliquée que cet énoncé le laisse entendre. Nous sommes confrontés à un théâtre d'ombres; dans la vitrine de l'actualité, c'est l'État qui s'agite, mais la réalité est tout autre: la rationalité du capital financier surdétermine toute réflexion et toute action adoptée par le gouvernement.

Les centres de la petite enfance, comme exemple flagrant, soutiennent que les compressions menacent entre 2000 et 2500 emplois, dont 900 dans la seule région de Montréal. Et que si le Québec va de l'avant, ces nouvelles compressions de 120 millions de dollars, qui s'ajouteront aux 100 millions supprimés en 2014 et aux 74 millions supprimés en 2015, se traduiront par la disparition de 5000 emplois.

«Il s'agit d'un effort normal, d'avoir les meilleurs services possibles au meilleur coût possible», a répliqué le premier ministre, qui était interrogé à ce sujet après une conférence de presse à Montréal. Ce même premier ministre qui, en campagne électorale, s'était engagé à annuler la hausse subite de 7 $ à 9 $ des frais de garderies subventionnées, comme le proposait le budget Marceau. Ceux-ci devaient être indexés au coût de la vie et M. Couillard prévoyait créer 250 000 emplois en cinq ans. Il compte y arriver grâce aux investissements en infrastructures, à la relance du Plan Nord et à sa stratégie maritime.

Nous sommes en train de vivre le scénario classique, servi par la propagande politique, économique et médiatique, pour prétexter et justifier la mise en oeuvre de ses inéluctables et définitives «réformes structurelles», ainsi que l'instauration de la fameuse et surtout sinistre «austérité» qui profite exclusivement aux rentiers et aux possédants.

Said Raouchi, Granby

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