Un gouvernement méprisant et sans vision

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Les compressions du gouvernement Couillard dans les CPE font craindre des pertes d'emplois qui affecteront la qualité des services offerts.

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La Voix de l'Est

Je suis agente de soutien pédagogique au centre de la petite enfance Les Jeunes Pousses de Waterloo. Ça va faire bientôt 30 ans que j'oeuvre dans le domaine de la petite enfance.

Je suis une passionnée. Mais en ces temps obscurs pour notre réseau des centres de la petite enfance, je me sens bafouée par un gouvernement méprisant et sans vision pour la richesse première de la société: les enfants.

Le personnel éducateur chez nous compte en majorité plus de 15 années d'expérience. Et de celles-ci, plusieurs sont en poste depuis 25-30 ans. C'est un milieu chaleureux, bien ancré dans sa communauté depuis trois décennies. Les éducatrices ont à coeur le bien-être et le développement harmonieux de chaque enfant. Chaque jour, ces femmes se dévouent pour que les enfants reçoivent tous les bons soins auxquels ils ont droit avec régularité et constance.

Elles connaissent par coeur tous les détails de leur routine, leurs petits rituels, et tout ce dont ils ont besoin pour favoriser leur bien-être, leur sécurité affective et un lien d'attachement significatif. Jour après jour elles font équipe avec les parents qui confient leur trésor au creux de leurs bras réconfortants. Elles renvoient à chaque enfant le sentiment qu'il est important et unique à leurs yeux et dans leur coeur.

Ce petit univers douillet, prévisible et sécurisant pourrait être dramatiquement fragilisé par les mesures insensées du gouvernement. Voici à quoi ça pourrait ressembler:

Certains matins où le nombre d'enfants sera moindre, une éducatrice qui devait être auprès d'un groupe pour la journée pourrait devoir quitter et répartir ses enfants dans d'autres groupes... Quel déchirement! Deux groupes pourraient être jumelés ensemble et confiés à une seule éducatrice pendant la pause de l'une d'entre elles... Comment pourra-t-elle combler tous les besoins de si jeunes enfants?

Même la meilleure et la plus expérimentée des éducatrices ne pourra offrir des soins de qualité à 16 enfants de 2 à 3 ans en même temps! C'est insensé! Et que dire de ce qui pourrait advenir de notre cuisinière qui verrait sa semaine de travail amputée de plusieurs heures. Les plats préparés maison? Plus possible!

Notre équipe se réunissait 4 heures par mois pour réfléchir sur ses pratiques éducatives. On ne pourra plus le faire. Le temps de planification accordé aux éducatrices pour préparer un programme d'activités serait réduit. Les rencontres de partenariat avec les ressources spécialisées pour concevoir un plan d'intervention pour un enfant à besoin particulier pourraient être supprimées. Le message que le gouvernement envoie est le suivant: ça ne vaut pas la peine, les enfants ne méritent pas qu'on leur accorde cette importance...

Permettez-moi de douter, malgré toute notre bonne volonté, toute notre créativité, toute la richesse de l'expérience dont bénéficie notre équipe, de pouvoir accomplir notre mission première avec ces restrictions budgétaires.

Les éducatrices deviendront des gardiennes d'enfants. Elles en arriveront probablement à vouloir changer de profession, car cela ne correspondra plus à leurs valeurs. Et moi, mon rôle de soutien pédagogique n'aura plus sa raison d'être.

Ce n'est pas ça qu'on veut! On dit non aux coupures! Les enfants méritent plus que des miettes!

Lyne Dusseault, Agente de soutien pédagogique

CPE Les Jeunes Pousses

Waterloo

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