Au Québec, en 2016, est-ce possible ?

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La Voix de l'Est

En effet, que dire après la lecture du reportage de M. André Dubuc dans La Voix de l'Est du 10 février concernant l'embauche de deux vice-présidents unilingues anglophones à la tête de l'usine Aliments Ultima, propriété à 50% de l'ancienne «Coopérative agricole de Granby» appelée Agropur?

Les citoyens de Granby se rappellent sans doute que les employés de l'usine de textile Esmond Mills située de 1930 à 1980 au coin de la rue Cowie et Saint-Charles ont travaillé durant 50 ans avec des patrons unilingues anglophones. Ces 400 Québécois unilingues francophones devaient être accompagnés d'un traducteur pour s'adresser à leurs patrons anglophones. Et lors des fêtes pour célébrer le 50e anniversaire de la compagnie, le discours enregistré sur vidéo était totalement débité en anglais. Plus ça change, plus c'est pareil: aucun respect pour ceux et celles qui font marcher l'entreprise! Le respect le plus élémentaire commence par le respect de la langue des travailleurs et des travailleuses et, au Québec, c'est en français que ça se passe. Ce n'est pas facultatif. Est-ce qu'on s'est battu pour rien pendant des décennies pour que la langue de la majorité des Québécois soit reconnue?

Pendant 77 ans, les Québécois francophones ont bâti pierre par pierre une entreprise qui a fait l'orgueil non seulement de Granby, mais aussi du Québec. Pendant 77 ans, les Québécois francophones ont démontré leur immense capacité d'entrepreneurs visionnaires, compétents, audacieux. M. Sylvain Dionne et Mme Lucie Rémillard, deux Québécois francophones, ont conduit de main de maître les destinées de l'entreprise avec des résultats exemplaires.

Le Québec n'est-il pas ce pays dont la langue officielle en milieu de travail est le français? Comment expliquer que les dirigeants d'Ultima et d'Agropur soient incapables de dénicher deux vice-présidents francophones suffisamment compétents pour prendre les rênes d'Aliments Ultima? Qui peut croire une telle aberration? Que doit-on en déduire? Que les Québécois francophones sont vraiment de grands incompétents et qu'il n'y a pas d'autres solutions pour trouver des gestionnaires compétents que de se tourner vers les membres de la communauté anglophone? Quelle insulte pour une institution québécoise bâtie par des francophones! À quand s'arrêteront ces gestes humiliants, méprisants, dégradants non seulement pour les travailleurs et les travailleuses francophones de l'entreprise, mais aussi pour tous les membres de la communauté granbyenne française à 98%? Honte à vous, dirigeants d'Aliments Ultima et d'Agropur. Vous n'avez aucune excuse. Redonnez à la langue française la place qui lui revient, c'est-à-dire toute la place, partout dans l'entreprise et en particulier, chez les cadres.

 

André Beauregard

Shefford

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