Un lourd héritage pour nos petits-enfants

L'Hôpital Brome-Missisquoi-Perkins, à Cowansville... (Archives La Voix de l'Est)

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L'Hôpital Brome-Missisquoi-Perkins, à Cowansville

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La Voix de l'Est

Si monsieur O'Breham veut connaitre le prix de certains pansements, il n'a qu'à se rendre au département de chirurgie de l'hôpital BMP.

Lorsque l'infirmière est venue remplacer le pansement, elle m'a demandé si je connaissais le prix de ce pansement, en regardant sa belle confection, j'ai hasardé 50 $, elle m'a répondu 100 $. Comme monsieur O'Breham n'a pas visualisé le pansement, je ne crois pas qu'il soit en mesure de se prononcer sur sa valeur.

On pourrait parler des dépenses gouvernementales pendant des chapitres. Restons-en aux frais médicaux pour l'instant. La personne que j'accompagnais a eu besoin d'une présence constante au cours de la nuit, à un certain moment. Elle a donc demandé si une préposée, pas une infirmière, ni une assistante-infirmière, serait intéressée à se faire un supplément.

Ce fut marché conclu, 20 $ l'heure, soit 160 $ par nuit, payé comptant sinon le prix est plus élevé. À vous d'imaginer ce que coûte une journée à l'hôpital, si on additionne seulement le salaire horaire des différents intervenants. La grande majorité d'entre eux ont une empathie sans limites. Quelques-uns ne sont pas à leur place dans un milieu qui exige autant de compassion et de compétence.

Le ministre Barrette tente de réduire les coûts en combinant les structures. Ça aura un certain effet, mais surement pas suffisant. Auparavant, le premier ministre Bouchard avait coupé dans les effectifs en mettant à la retraite les plus expérimentés avec de généreuses retraites anticipées ou primes de départ. Quand on a un produit en demande, ce n'est pas dans les lieux de production l'endroit à couper.

Je me demande ce qui arrive au ministère. Dans une entreprise, si on doit réduire les coûts, le premier endroit à couper est au siège social, ici donc au ministère. Quel est l'apport au bon fonctionnement de chaque personne à cet endroit sinon, parfois, de créer des procédures ou formulaires d'une utilité parfois questionnable. Il serait intéressant de connaitre le ratio de fonctionnaires comparativement au personnel sur le terrain.

Je suis surpris par la question, de monsieur O'Breham ou de monsieur Beauregard: «qui va payer?» Depuis que les sociétés humaines existent et tant qu'elles existeront il n'y a toujours eu et il n'y aura toujours un seul payeur: le citoyen. Que ce soit par cotisation, impôt sur le revenu, taxe de vente, impôt sur les sociétés. Les citoyens délèguent à l'État la gestion des services qu'ils désirent mettre en commun. Dans les premières sociétés d'entraide ou d'assurance, on ajustait la prime selon l'expérience des sinistres.

On me parle de socialisme, de la théorie néolibérale, tous des mots dont les fonctionnaires aiment se gargariser. On me demande aussi si je suggère de baisser les impôts: si on augmente une cotisation et qu'on réduit les impôts, on revient au point zéro. C'est de l'arithmétique de maternelle. On croit aussi que je crois à l'utilisateur payeur. Rien dans mon texte ne fait allusion à cette méthode que je ne préconise pas.

De toute façon j'ai du bien mal m'exprimer, car je ne suggère nullement une augmentation de la prime, mais de rehausser la contribution maximale. Les contribuables qui ne sont pas rendus au maximum actuel de 550 $ne subiraient aucune augmentation. La prime demeurerait aussi la même au-dessus de ce montant aussi, mais le maximum serait atteint à 1100 $ au lieu de 550 $. Un faible pourcentage des payeurs de taxes seraient affectés, les mieux nantis. Je suis conscient que ce n'est pas suffisant, mais c'est un début.

Je me dois de corriger une erreur grave dans la lettre de monsieur Beauregard. Grâce à notre meilleur système financier, les banques canadiennes n'ont jamais eu à être aidées par l'État. Ce sont les banques américaines que le gouvernement a dû secourir.

Monsieur O'Breham parle de négociation. Il y a deux parties dans une négociation et la plus forte l'emporte toujours. La société pharmaceutique Valeant vient de quintupler le prix de ses médicaments. Qui gagnera? Pour l'instant son président ne bronche pas. Depuis huit ans, le président Obama réclame des mesures pour réduire le nombre d'armes à feu en circulation, sans succès. Ce n'est pas monsieur Obama qui fait élire les sénateurs et les représentants de la chambre, mais le «gun lobby» qui finance leurs élections.

J'aime bien le titre de monsieur Beauregard: «Crève, crevons, crevez». Oui, ce sont nos petits-enfants qui crèveront à payer les pensions de leurs pères et grands-pères, en plus de la leur, et les dettes que nous leur laisserons.

 

Jacques Dionne, Granby

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