Aujourd'hui, on assassine Socrate

Dans ses écrits, Platon, disciple de Socrate, illustre la grande difficulté de... (123RF.com)

Agrandir

123RF.com

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
La Voix de l'Est

Dans ses écrits, Platon, disciple de Socrate, illustre la grande difficulté de l'Humanité à s'ouvrir au soleil de la connaissance et de la vérité. Les philosophies de droite et donc, naturellement réactionnaires, ont souvent réussi à soulever les passions des masses mal informées et vivant des situations économiques difficiles.

À des problèmes complexes, elles leur apportent des solutions simplistes, le tout accompagné de slogans extrêmement réducteurs. Rapidement, on traite de charlatans les intellectuels et les scientifiques, on ridiculise le monde culturel et artistique, on méprise les audacieux qui osent parler d'égalité, de fraternité et de solidarité. C'est dans ces conditions que l'on a assassiné Socrate, le charpentier de Nazareth, le Mahatma Gandhi, Martin Luther King et emprisonné durant 27 ans Nelson Mandela.

Les partis politiques de droite cherchent par tous les moyens à détruire l'État malgré le fait que celui-ci constitue la seule et unique forteresse contre la cupidité, l'arbitraire, les inégalités et le rejet des plus vulnérables. Ils cherchent à dépouiller l'État de tous ses moyens d'agir et le plus simple, c'est de réduire sa capacité financière en baissant radicalement les impôts et en faisant l'éloge du principe de l'utilisateur-payeur. L'éducation, la santé et les loisirs sont réservés aux bons payeurs donc, aux bien nantis; les autres, on s'en fiche. Malheur à ceux et celles qui parlent d'une fiscalité progressive; malheur à ceux et celles qui sont favorables aux soins de santé gratuits et universels et aux études supérieures gratuites et universelles. L'égalité des chances pour tous: jamais.

Platement, la droite ne répète qu'un seul refrain extrêmement réducteur et totalement décroché de la réalité: «le Québec est la province la plus taxée en Amérique du Nord». Que voulons-nous? Que l'État fonctionne gratuitement? Que le personnel enseignant et soignant soit traité en parias? Que les milliers d'heures de services fournies par le personnel de la fonction publique ne soient pas rémunérées? Que les écoles continuent à tomber en ruine? Que nos personnes âgées terminent leur vie dans des conditions misérables? Que nos enfants en difficulté grossissent la masse des chômeurs, des itinérants et des délinquants? Que nos étudiants soient dans l'impossibilité de terminer leurs études supérieures? Que les soins de santé soient dépendants de nos revenus personnels?

Les mouvements tels les «Indignés de Wall Street», le «Idle no more» des Premières Nations, les porteurs de carrés rouges et de casseroles du «Printemps érable», les travailleurs qui croient en la solidarité syndicale, les femmes qui partagent les objectifs du mouvement féministe, les parents qui affichent leur appui envers l'école publique, les citoyens qui comprennent la gravité des bouleversements climatiques, voilà ceux et celles qui font progresser l'Humanité vers une conscience sociale et écologique. Et pour paraphraser Neil Armstrong: ce sont souvent de petits pas pour l'homme, mais de grands pas pour l'humanité.

André Beauregard, Shefford

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer