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La Voix de l'Est

Le discours qui a réussi à ensorceler la planète depuis 30 ans est bien résumé par la lettre de M. Jacques Dionne. Devant les dépenses engendrées par l'éducation, la santé et autres secteurs dont la nécessité est plus difficile à évaluer, certains penseurs économistes extrêmement obsédés par la priorité à accorder à une économie de marché désincarnée et toute puissante ont fait croire que l'ensemble des membres de la société, c'est-à-dire l'État n'avait plus les moyens financiers pour investir dans ces domaines et que celui-ci devait trouver une autre manière de soutenir ces services. Par contre, l'État avait les moyens de débourser des milliards pour combler les déficits des institutions financières et des entreprises en panne, mais rien pour le vrai monde.

Deux façons parmi tant d'autres de financer les services essentiels à tout être humain en 2016: maintenir et augmenter l'impôt sur le revenu ou contribuer personnellement et davantage à ces paiements. Or, en affirmant qu'il est prêt à doubler sa contribution pour les soins de santé, M. Dionne choisirait-il d'une part la diminution des impôts et d'autre part la tarification de plus en plus élevée de ces mêmes services? En d'autres mots, appuierait-il le principe de l'utilisateur-payeur?

La théorie néolibérale est fort bien résumée par la dernière phrase de M. Dionne: «Payons nos frais ou acceptons l'austérité». Deux questions: Qui va payer? Et comment payer? Concrètement, cela signifierait-il que si toi, tu as de bons revenus, tu peux te payer de bons services en éducation, en santé, en loisirs, en culture et si toi, tu n'as pas de bons revenus, tu crèves et personne n'a le devoir de venir à ton secours. Adieu la solidarité, la compassion, la justice sociale, l'égalité des chances pour tous: hommes, femmes, hauts revenus, petits revenus, autochtones, migrants, etc.

Dans sa lettre, M. Dionne reprend à sa façon les propos du principal promoteur du néolibéralisme, M. Milton Friedman: «l'injustice sociale est de faire payer nos dépenses par nos enfants et nos petits-enfants». Oui, il y aura injustice sociale si nous continuons à détruire pierre par pierre chacun de nos services publics ou si nous continuons à refuser viscéralement de payer immédiatement et COLLECTIVEMENT un accès égal de tous les citoyens à tous les services publics par une FISCALITÉ juste et progressive liée aux véritables revenus des individus et des entreprises.

Deux manières parmi tant d'autres de faire régner l'injustice sociale: l'application du principe de l'utilisateur-payeur et le contrôle de la société par la main invisible et inhumaine du marché. Par le biais de ces théories néolibérales, nous allons indubitablement léguer à nos enfants et nos petits-enfants une société disloquée par les écarts socio-économiques humainement inacceptables et révoltants, une démocratie fictive et un État dépourvu de tout pouvoir. Qui veut ça?

 

André Beauregard

Shefford

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