Le maire Russell et sa notion de ville intelligente

Le maire de Waterloo, Pascal Russell... (archives La Voix de l'Est)

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Le maire de Waterloo, Pascal Russell

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La Voix de l'Est

Dans sa dernière présentation budgétaire, rapportée par La Voix de l'Est, le maire Russell de Waterloo annonçait l'avènement de sa notion de ville intelligente avec un emprunt pour financer une première phase soit l'achat de lampadaires munis de panneaux d'information, de caméras de surveillance, d'éclairage variable et de bornes de recharge électrique.

Le maire en rajoutait en affirmant selon le journal: «Nous avons la taille idéale pour agir comme projet-pilote. Il n'y en a pas d'autres municipalités de cette grandeur au Québec en ce moment». Habitons-nous la même province? Waterloo serait la seule municipalité comptant un peu moins de cinq mille habitants?Soyons un brin sérieux, dépassons la quincaillerie vendeuse et reprenons la définition de la ville intelligente telle que présentée, notamment, par le Conseil Jeunesse de Montréal: «La ville intelligente est alors celle qui se reconstruit autour des besoins de ses habitants, qui ne sont plus considérés comme des consommateurs des services, mais comme des partenaires et des parties prenantes de son développement.» Bien des auteurs et des spécialistes partagent cette conception.

Dans ce contexte, la communication doit être inclusive et de type dialogue avec toute la population. États généraux, conseils de quartier, participation aux décisions budgétaires, réponse écrite aux communications écrites de tous les conseillers et de tous les citoyens en sont de bons exemples. La transmission des informations se fait aussi avec célérité. La ville intelligente ne met pas neuf mois à transmettre un rapport à des citoyens en pleine négociation surtout lorsque ce rapport présente des données techniques et monétaires essentielles à une décision éclairée.

D'ailleurs, les informations transmises doivent être exactes. On ne présente pas un exemple d'augmentation de taxes de 157 $ alors qu'une simple soustraction (colonnes 2016 et 2015) aboutit à une augmentation de 363 $. Ça ne fait pas sérieux...

Toujours dans le domaine de la communication, il est très intéressant de lire un avis préventif d'ébullition de l'eau, publié le 28 janvier dernier, qui dit «faire attention lors de la tonte de la pelouse». Le climat se réchauffe, mais tout de même...

La ville qui se veut intelligente n'hésite pas à présenter son modèle conceptuel afin que la population se prononce sur les buts visés et les modalités de réalisation avant de se lancer dans le financement d'équipements. La population a le droit de connaître les coûts d'exploitation et d'entretien en plus des coûts d'achat. À défaut de quoi ce ne sera qu'un autre alourdissement de la charge des contribuables.

Une ville ne devient pas intelligente sans ses citoyens. Il ne suffit pas de dire «attendez de voir». Ça fait un peu trop capitaine Bonhomme. De plus cet «attendez de voir» donne à croire que cette administration entend agir sans discuter de ses plans d'action avec l'ensemble de la population. Irons-nous alors de surprises en surprises.

Le maire Russell aurait mieux fait d'emprunter pour éliminer le calcaire de l'eau distribuée par la ville, tel qu'il l'a promis en 2013. Mieux encore, en matière de sécurité, il aurait pu agir avant la disparition du camion échelle (50 ans?) et de la caserne d'incendie. On appelle ça de la gestion proactive.

 

Roger Bernier

Waterloo

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