Danse de la St-Valentin...

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
La Voix de l'Est

Hélas, le CALACS doit encore parler d'agression sexuelle. Cependant, ce n'est pas pour vous mettre en garde contre les danses de la St-Valentin. Le CALACS veut plutôt vous entretenir sur l'un des plus gros mythes qui entoure la violence sexuelle, soit celui-ci: elle a couru après, elle l'a cherché... voyons donc as-tu vu comment elle était habillée...  bla bla bla.

Une horrible histoire s'est déroulée dans une école de Montréal Nord, où une jeune fille de 11 ans a été agressée sexuellement par 5 garçons (février 2011). Les agressions se sont passées dans des toilettes unisexes de l'école. Selon la jeune victime; les garçons ont levé son chandail pour toucher ses seins, mis leurs mains dans son pantalon et ont essayé de l'embrasser.

Or, imaginez-vous que lors des audiences à la cour, la commission scolaire de l'école que fréquentait la jeune fille a tenté de responsabiliser la victime, de l'agression subie, en expliquant qu'au cours de la Danse de la St-Valentin précédente, elle aurait dansé de façon suggestive.

BANG. Et voilà le bon vieux mythe qui refait surface. Le CALACS trouve odieux qu'une commission scolaire, qui a pour mission d'offrir des services éducatifs, s'attaque à la crédibilité d'une fillette de 11 ans concernant une agression sexuelle. Déjà que cette jeune fille vit avec les lourdes conséquences d'avoir été agressée par 5 garçons, on lui reflète que finalement c'est peut-être un peu de sa faute? Honte à cette commission scolaire et surtout à la ou les personnes qui ont accepté que l'avocat soulève cet argument.

C'est connu, dans les causes d'agression sexuelle, l'avocat de la défense tente toujours de discréditer le témoignage de la victime en y allant de toutes sortes de stratagèmes possibles. C'est donc à coups sûr qu'on ressort les arguments du genre: oui, mais pourquoi n'avez-vous pas crié? Pourquoi ne vous êtes vous pas débattue? Pourquoi avez-vous pris autant d'alcool? Que faisiez seule dans la rue à cette heure? Quel vêtement portiez-vous lors de l'agression? Vous êtes sûre que ce n'est pas par vengeance?

Il n'y a personne au monde qui se lève un matin en se disant: tiens, tiens, ce soir je vais mettre ma petite jupe rouge pour aller me faire agresser. Ce soir je vais prendre de l'alcool parce que j'ai envie de me faire agresser. Ce soir je vais... danser suggestivement...

Personne ne veut se faire agresser sexuellement point. Une fillette de 11 ans qui danse de la façon qu'elle le veut n'est pas en train de dire aux autres; «Aie les gars, demain à l'école ça vous tenterait pas de m'agresser dans les toilettes de l'école???» Non, c'est une jeune fille qui danse, point.

Le seul responsable d'une agression sexuelle, monsieur le président Miville Boudreault, de la commission scolaire Pointe-de-l'Île (CSPI), c'est l'agresseur. Si vous désirez recevoir de la formation en ce qui a trait à la problématique de la violence sexuelle, le CALACS va se faire un plaisir d'aller vous rencontrer!

 

Sophie Labrie

Pour le CALACS de Granby

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer