Optimisation des laboratoires: à quel prix?

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Le ministre de la Santé Gaétan Barrette

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La Voix de l'Est

Un autre projet de grande réforme en santé mis de l'avant par le ministre Barrette: l'optimisation des laboratoires. Faire plus avec moins. Le ministre ne s'en cache pas, il veut faire des économies. Mais à quel prix? La grande région de l'Estrie n'y échappe pas.

D'ici 2019, au moins 70% des analyses actuellement effectuées au CSSS de la Haute-Yamaska (Granby) et au CSSS de la Pommeraie (Cowansville) devront être transférées au Centre Hospitalier Universitaire de Sherbrooke (CHUS), site Fleurimont, situé à Sherbrooke.

Et on ne parle ici que de deux des laboratoires de notre région! Les laboratoires du CSSS du Val Saint-François, du CSSS de la MRC de la Coaticook, du CSSS des Sources (Asbestos), du CSSS du Granit (Lac Mégantic) et du CSSS de Memphrémagog (Magog) devront aussi transférer 70% de leurs analyses au CHUS. Des millions d'analyses seront effectués dans un seul et même laboratoire!

Combien de kilomètres devront parcourir les spécimens avant d'être analysées? Pourront-ils être traités dans les délais raisonnables afin de garantir la validité des résultats?

Selon le directeur des services multidisciplinaires, M. Rémi Brassard, une cinquantaine d'analyses sont actuellement envoyées au CHUS de Fleurimont. Avec le projet Optilab on parle maintenant de 1 216 755 analyses seulement pour les CSSS de la Haute Yamaska et de 749,000 analyses pour le CSSS de La Pommeraie.

Ces spécimens devront parcourir une distance d'environ 90 km, entre Granby et Sherbrooke, puis d'environ 95 km entre Cowansville et Sherbrooke. Ces milliers de spécimens sur la route, ça implique d'importants coûts de transports! Où seront les économies annoncées de M. Barrette?

M. Brassard reconnaît également que certains spécimens doivent être apportés au laboratoire dans un délai de deux heures. Est-ce que le temps entre le prélèvement et la réception aux laboratoires de Granby et de Cowansville seront pris en compte dans les délais à respecter afin d'assurer des résultats d'analyse fiables?

M. Barrette reconnaît lui-même que le système de transport des échantillons est une contrainte. On ne parle pas seulement de sang ou d'urine, mais également de biopsie, liquide céphalo-rachidien et autres qui nécessitent une intervention beaucoup plus invasive qu'une prise de sang.

Plusieurs millions d'échantillons convergeront vers le centre hospitalier de Fleurimont. Ils ne pourront pas être traités tous en même temps. Même si on tente de nous rassurer en nous disant qu'il y aura plusieurs transports, une grande majorité de patients doit demeurer à jeun pour sa prise de sang. Les spécimens doivent obligatoirement être prélevés en début de journée, et tout de suite acheminés au laboratoire où ils seront traités. Comment peut-on prétendre qu'il n'y aura pas un goulot d'étranglement?

Combien d'analyses devront être reprises parce que les délais de traitement n'auront pas été respectés? Où seront les économies annoncées de M. Barrette ?

Une autre inquiétude pour les technologistes médicaux : la centralisation des échantillons dans un même laboratoire entraînera assurément un risque accru de perte d'échantillon durant le transport. On en a eu la preuve concrète avec le CUSM qui a hélas dû annoncer des pertes d'échantillons par centaines l'été dernier. Si on doit rappeler les patients pour une reprise de prélèvement, où seront les économies annoncées de M. Barrette ?

Les technologistes médicaux sont inquiets parce qu'ils ont toujours eu à coeur de vous donner des services de qualité. La population mérite des soins de santé de qualité. Et ça passe nécessairement par des analyses de laboratoire de qualité.

Saviez-vous que votre médecin a besoin du résultat des analyses qu'il vous a prescrit pour émettre un diagnostic et le traitement approprié?

Saviez-vous que les résultats d'analyses sont indispensables au médecin afin que celui-ci puisse donner le congé à son patient hospitalisé? Si on doit retarder un congé, où seront les économies annoncées par M. Barrette?

Sylvie Richer, directrice au conseil d'administration

Au nom des technologistes médicaux de l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS)

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