Diversité et respect

Je suis en désaccord avec l'endettement des gouvernements;... (Bernard Brault, archives La Presse)

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Je suis en désaccord avec l'endettement des gouvernements; une opinion que nous ne partageons pas.

Bernard Brault, archives La Presse

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La Voix de l'Est

M. Beauregard,

 Si vous avez noté que je n'ai pas pris la peine de contester vos affirmations, c'est que je crois moi aussi qu'il y a des choses à améliorer. En fait, je crois que la majorité des gens le croit aussi. Mais nous ne sommes pas nécessairement tous d'accord avec les moyens à prendre pour améliorer les choses.

Mon problème avec vos propos est à quel point vous méprisez les gens qui tiennent des opinions contraires aux vôtres. Par exemple - c'est un secret pour personne -, je suis en désaccord avec l'endettement des gouvernements; une opinion que nous ne partageons pas.

 Or, chaque fois que vous en parlez, votre seul argument est que ceux qui ne partagent pas votre opinion sont des «apprentis sorciers» qui présentent une «énorme fumisterie» et que cela signifie que nous ne voulons pas investir dans l'éducation et la santé et donc «forcer la prochaine génération à reconstruire entièrement son économie sur une plate-forme d'ignorance et de souffrance».

 Selon vous, «les journalistes et les pseudo-experts économiques» seraient sous le joug d'une «vaste machination» faisant une «propagande de droite qui s'infiltre et contrôle les médias québécois». Finalement, si nous n'entrons pas dans une de ces catégories, alors nous sommes donc «dans un esprit masochiste et suicidaire».

 Ce sont des propos excessivement blessants, condescendants et faux. Je ne peux pas m'imaginer que vous croyez vraiment que ceci est l'état d'esprit de ceux qui vous entourent.

Comment imaginer que nous puissions discuter ensemble, que nous débattions sérieusement sur les mesures à prendre, avec une telle violence dans vos propos et si peu de respect pour ceux qui ne pensent pas comme vous?

Vous me dites que vous ne croyez pas que l'individu a besoin d'une force supérieure pour le contrôler? Mais vous avez déjà représenté le parti Québec solidaire et c'est là tout le fondement de leur philosophie. Selon leur programme, ce parti souhaite nationaliser encore plus les activités économiques. Même le logement est contrôlé par l'État. En fait, Québec solidaire ne réfute pas les moyens utilisés par leurs opposants, il veut seulement se les approprier et les amplifier, afin de transmettre les «bons» comportements (sans surprise, ceux qu'il préconise).

Or, c'est exactement cette mentalité qui nous a menés où nous sommes. Les gouvernements ont fait fi de la démocratie et de la liberté en prenant de plus en plus de pouvoir, et ce, avec les meilleures intentions du monde. Vous aimez faire un débat «gauche-droite» ou «capitaliste-socialiste», mais il serait extrêmement naïf de votre part de croire que les gens que vous catégorisez de la «gauche» ou de «socialiste» ne succomberont pas à la tentation de favoriser leurs intérêts ou à la corruption lorsqu'ils auront tout ce pouvoir entre leurs mains.

À partir du moment où vous retirez tous les pouvoirs des individus, ils n'auront d'autre choix que de faire pression sur ceux qui le détiennent pour obtenir ce qu'ils veulent. Ne sous-estimez pas cette pression; elle peut convertir le plus irréprochable des vertueux.

Le problème n'est pas comment nous utilisons le système, c'est le système lui-même. La nature ne concentre pas les prises de décisions à quelques individus pour choisir la progression de son évolution, mais fait plutôt confiance à la diversité. J'y crois aussi.

En passant, même si les humains ont toujours vécu en société, cela ne signifie pas nécessairement que les individus doivent laisser une certaine élite contrôler leur destinée.

Denny O'Breham, Granby

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